Crise au parquet de Port-au-Prince : l’OCNH appelle à une intervention urgente du ministère de la Justice

L’Organisation des Citoyens pour une Nouvelle Haïti (OCNH) tire la sonnette d’alarme face à la crise persistante au sein du parquet de Port-au-Prince. Dans une note rendue publique ce lundi 4 août 2025, l’organisation de défense des droits humains exprime ses « vives préoccupations » quant au dysfonctionnement de cette juridiction clé, paralysée depuis plusieurs semaines par des conflits internes opposant le barreau de Port-au-Prince au commissaire du gouvernement, Me Frantz Monclaire.
Au cœur de la controverse : des accusations de corruption, de mauvaise gestion et d’atteintes à l’éthique, portées par plusieurs avocats contre le chef du parquet. Ces derniers, mobilisés à travers des mouvements de protestation, exigent le départ de Me Monclaire, lequel rejette catégoriquement les allégations et défend sa position publiquement.

Pour l’OCNH, cette situation « nuit gravement au fonctionnement de la justice » dans une juridiction pourtant désignée comme modèle pour l’implantation de pôles judiciaires. L’organisation insiste sur l’impact direct de ces tensions sur les justiciables, déjà confrontés à un système judiciaire lent et sous pression.
Dans sa note, l’OCNH interpelle directement le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Dr Patrick Pélissier, et lui rappelle ses responsabilités légales en matière de discipline au sein du parquet. S’appuyant sur les articles 65 et 66 de la loi sur le statut de la magistrature ainsi que sur le décret du 4 mai 2016 portant réorganisation du ministère, l’organisation estime que le ministre a non seulement le pouvoir, mais aussi le devoir d’agir.
L’OCNH recommande l’ouverture d’une enquête administrative formelle par l’Inspection judiciaire du ministère, afin d’évaluer les faits dénoncés et de déterminer s’ils sont fondés. Elle suggère aussi, à titre conservatoire, la suspension temporaire du commissaire du gouvernement, dans l’attente des résultats de cette enquête, comme le permet le cadre légal haïtien.
« Le silence ou l’inaction du ministre constituerait une carence administrative grave et une abstention politique inacceptable », peut-on lire dans la note signée par Me Camille Occius, directeur exécutif de l’OCNH. Pour l’organisation, le rôle du ministre ne se limite pas à une fonction de supervision, mais s’inscrit dans une logique de reddition de comptes et de préservation de l’intérêt général.
Au-delà des obligations légales, l’OCNH souligne que l’intervention du MJSP revêt un caractère institutionnel et démocratique, à un moment où la confiance dans les institutions publiques est fragilisée. Elle appelle ainsi à une action « claire, motivée et transparente », afin de démontrer que l’État haïtien peut lutter efficacement contre les abus et les dérives au sein même de son appareil judiciaire.
En conclusion, l’OCNH exhorte les autorités à agir sans délai pour rétablir la crédibilité de la justice dans la plus grande juridiction du pays. Dans un contexte où la justice est souvent perçue comme l’un des maillons faibles de l’État haïtien, une telle intervention serait un signal fort en faveur de la bonne gouvernance et de la lutte contre l’impunité.
Fact Checking News (FCN)

