Chili : des Haïtiens envahissent l’ambassade d’Haïti à Santiago sur fond de crise des certificats judiciaires

Une manifestation de plusieurs centaines de ressortissants haïtiens a dégénéré samedi 22 août devant l’ambassade d’Haïti au Chili, à Providencia, dans la région métropolitaine de Santiago. Les protestataires dénonçaient les difficultés rencontrées pour obtenir les certificats d’antécédents judiciaires exigés par les autorités chiliennes dans le cadre de la régularisation de leur situation migratoire.
Dès 7 heures du matin, une importante mobilisation s’est formée devant les locaux diplomatiques situés Avenida República 590. La tension est progressivement montée face à l’absence de réponse jugée satisfaisante par les manifestants.

« Le Service national des migrations, le SERMIG, et le gouvernement du Chili nous mettent la pression pour obtenir des certificats d’antécédents judiciaires afin de régulariser notre statut. L’ambassade d’Haïti n’est pas en mesure de nous les fournir », a expliqué David Antoine, porte-parole de la communauté haïtienne au Chili.
La situation s’est tendue au fil de la matinée. Des mouvements de foule ont éclaté et certains manifestants ont forcé les grilles ainsi que la porte d’entrée de l’ambassade. Des actes de vandalisme ont été signalés à l’intérieur des locaux, alors que plusieurs protestataires cherchaient à rencontrer le consul pour obtenir des explications.
Selon David Antoine, les difficultés liées à la délivrance de ces documents concernent un nombre important de ressortissants haïtiens. « Ce qui s’est passé est très inquiétant et honteux. Malheureusement, nous rencontrons actuellement des problèmes avec ces certificats. Nombreuses sont les personnes venues en pensant pouvoir obtenir leur certificat », a-t-il déclaré.
Le certificat d’antécédents judiciaires constitue un document particulièrement important pour les Haïtiens engagés dans des procédures de régularisation au Chili. Son absence peut entraîner des conséquences administratives importantes, notamment des ordres de quitter le territoire dans un délai de 90 jours, selon le porte-parole de la communauté.
La crise dépasse ainsi la seule question administrative. Pour David Antoine, les difficultés rencontrées par les migrants s’inscrivent dans un contexte marqué par la dégradation de la situation économique et sécuritaire en Haïti. « Imaginez, vous n’avez pas de papiers, avec un taux de chômage qui monte, c’est frustrant, et je ne parle même pas de l’état d’esprit de mes compatriotes », a-t-il expliqué.
Le porte-parole s’est également inquiété de la montée de la frustration au sein de la communauté. « L’ambassade n’est pas en mesure de délivrer ce document. Pour l’instant, mes compatriotes n’ont plus rien à perdre et lorsqu’on n’a plus rien à perdre, ça peut devenir dangereux », a-t-il averti.
Des policiers sont finalement intervenus pour disperser les manifestants. L’ambassade avait toutefois commencé à reprendre le contrôle de la situation et a demandé aux protestataires de quitter les lieux. Des échanges avec les personnes concernées devaient être organisés afin de leur présenter les dispositions envisagées.
La mobilisation met en lumière les difficultés auxquelles sont confrontés certains migrants haïtiens au Chili dans leurs démarches administratives. Elle révèle également une rupture de confiance entre une partie de la communauté et la représentation diplomatique haïtienne.
Après les incidents, aucune communication officielle de l’ambassade d’Haïti au Chili n’avait, selon les informations disponibles, permis d’éclaircir publiquement les problèmes liés à la délivrance des certificats ou les mesures envisagées pour répondre aux préoccupations des manifestants.
JJJ / FcnHaiti

