Carrefour: des groupes armés accusés d’imposer une « taxe » foncière, symbole d’un pouvoir parallèle en pleine expansion

Dans la commune de Carrefour, en périphérie sud de Port-au-Prince, l’influence des groupes armés continue de s’étendre, au point de se substituer progressivement aux prérogatives de l’État, selon plusieurs témoignages recueillis sur place. Des habitants affirment que ces hommes armés exercent désormais des fonctions traditionnellement dévolues aux autorités publiques, alimentant les inquiétudes sur l’effondrement de l’autorité de l’État dans cette commune.
Selon plusieurs sources concordantes, les groupes armés auraient assuré la sécurité des abords de certains centres lors des récents examens d’État, en l’absence d’une présence visible des forces de sécurité. Les mêmes témoignages indiquent que ces groupes auraient également entrepris de numéroter les habitations et exigeraient des propriétaires le paiement d’une somme pour obtenir un numéro d’identification. Une pratique qui, si elle est confirmée, illustrerait l’installation progressive d’un système administratif parallèle.

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Depuis le 20 juillet 2026, plusieurs habitants rapportent également que les groupes armés imposeraient une « taxe » aux propriétaires de maisons. Les montants réclamés débuteraient à 5 000 gourdes et varieraient en fonction de la valeur des biens immobiliers. Les personnes refusant de s’acquitter de cette somme seraient menacées de perdre leur propriété, selon ces témoignages.
Des allégations particulièrement préoccupantes évoquent en outre que certains de ces paiements seraient effectués à la mairie de Carrefour. Aucune preuve indépendante ne permet toutefois, à ce stade, de confirmer ces affirmations, qui soulèvent néanmoins de sérieuses interrogations sur une éventuelle infiltration des institutions locales par les groupes armés ou sur leur capacité à exercer une influence sur certaines structures administratives.
Cette situation renforce le sentiment d’abandon exprimé par de nombreux habitants, qui estiment que l’État est désormais largement absent de la commune. Ces perceptions contrastent avec les déclarations récentes de la ministre haïtienne des Affaires étrangères, Raina Forbin, devant les Nations unies, selon lesquelles la situation sécuritaire en Haïti se serait sensiblement améliorée.
Face à ces allégations, la Police nationale d’Haïti (PNH) est attendue sur une réaction officielle afin d’établir les faits et de rassurer une population confrontée à un climat de peur et d’incertitude. Si ces informations venaient à être confirmées, elles illustreraient une nouvelle étape dans la consolidation du pouvoir des groupes armés, qui exerceraient désormais des fonctions fiscales et administratives relevant exclusivement de l’État.
JJJ / FcnHaiti

