Birmanie : un journaliste américain condamné à 11 ans de prison pour incitation à la dissidence
L’ONU et les Etats-Unis ont appelé la junte birmane à libérer sans délai un journaliste américain détenu depuis près de six mois et condamné vendredi à 11 ans de prison, sur fond d’étranglement de la presse depuis le coup d’État de février en Birmanie.
« Danny Fenster a été condamné à 11 ans de détention pour incitation à la dissidence, association illégale et violation de la loi sur les visas », a déclaré à l’AFP son avocat Than Zaw Aung, ajoutant que son client n’avait pas encore décidé s’il ferait ou non appel. Dans une procédure distincte, il est inculpé de terrorisme et de sédition et risque la prison à vie.
« Les journalistes sont attaqués depuis le 1er février, avec les chefs militaires qui tentent clairement de les empêcher d’informer sur les graves violations des droits de l’homme perpétrées dans l’ensemble de la Birmanie, mais aussi sur l’ampleur de l’opposition au régime », a dénoncé vendredi Michelle Bachelet, la Haute-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, demandant à la junte de « libérer immédiatement » Danny Fenster.
La diplomatie américaine a également exigé sa libération, estimant que « le verdict d’aujourd’hui représente une condamnation injuste d’une personne innocente ».
Danny Fenster, 37 ans, est le premier journaliste occidental a être détenu depuis des années en Birmanie, où les généraux ont repris le pouvoir après avoir renversé en février la dirigeante civile Aung San Suu Kyi.
Le média Frontier Myanmar, l’un des principaux organes de presse indépendants de ce pays, dont le journaliste était rédacteur en chef, s’est dit « profondément déçu » dans un communiqué.
« Nous voulons juste qu’il soit libéré le plus rapidement possible afin qu’il puisse rentrer chez lui et retrouver sa famille ».
Il convient de souligner que Danny Fenster, âgé de 37 ans, a été arrêté le 24 mai à l’aéroport international de Rangoun au moment où il tentait de quitter le pays. Depuis, il est détenu dans la capitale économique à la prison d’Insein avec de nombreux prisonniers politiques. Selon sa famille, Danny Fenster a contracté le Covid-19 en détention.
FCN avec AFP

