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Assassinat de Jovenel Moïse: l’enquête franchit un cap historique, Ariel Henry, Léon Charles et Jean Monard Metellus visés par le juge d’instruction

Près de cinq ans après l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse, l’enquête judiciaire connaît un nouveau développement majeur. Le juge d’instruction Cyprien Jean F. Denis Pierre a émis plusieurs mandats de comparution visant des personnalités influentes des milieux politique, sécuritaire et médiatique haïtiens, relançant un dossier qui semblait enlisé depuis plusieurs années.

Selon les informations disponibles, plus de sept personnes ont été convoquées devant le cabinet d’instruction près la Cour d’appel de Port-au-Prince. Parmi elles figurent l’ancien Premier ministre Ariel Henry, l’ancien directeur général de la Police nationale d’Haïti (PNH), Léon Charles, ainsi que le journaliste Jean Monard Métellus.

Le calendrier établi par le magistrat prévoit une première série d’audiences le 5 juin 2026 pour Jean-Roger Noelcius, Mario Beauvoir et Jean Monard Métellus. Ariel Henry, Léon Charles, Samir Handal et Aschkard Joseph Pierre sont quant à eux attendus devant le juge le 9 juin prochain.

Assassinat de Jovenel Moïse: l'enquête franchit un cap historique, Ariel Henry, Léon Charles et Jean Monard Metellus visés par le juge d’instruction

Ces convocations s’inscrivent dans le cadre d’une instruction portant sur des accusations extrêmement graves. Les personnes concernées pourraient être interrogées relativement à des faits présumés de complicité dans une association de malfaiteurs, terrorisme, assassinat et tentative d’assassinat.

Le juge d’instruction a également indiqué que tout refus de comparaître pourrait entraîner l’application de mesures coercitives prévues par la loi, notamment l’émission de mandats d’amener.

La portée de ces convocations est considérable. Pour la première fois depuis l’ouverture de l’enquête, plusieurs personnalités ayant occupé ou occupant encore une place importante dans l’espace public haïtien sont appelées à répondre directement aux questions de la justice dans le cadre du dossier de l’assassinat présidentiel.

Le cas Ariel Henry au centre des interrogations

La convocation de l’ancien Premier ministre Ariel Henry apparaît comme l’un des éléments les plus sensibles de cette nouvelle phase de l’enquête.

Depuis plusieurs années, son nom est associé à différentes controverses liées à l’affaire, notamment à la suite de révélations concernant des échanges téléphoniques avec Joseph Félix Badio, considéré comme l’un des suspects clés du complot. Ces éléments avaient alimenté de nombreuses spéculations et controverses politiques sans toutefois déboucher jusqu’ici sur une audition judiciaire aussi directe dans le cadre de cette nouvelle instruction.

Pour ses partisans, une comparution devant le juge pourrait représenter l’occasion de clarifier définitivement les soupçons qui pèsent sur lui. Pour ses détracteurs, elle constitue au contraire une avancée susceptible de révéler des zones d’ombre demeurées inexpliquées depuis 2021.

Une enquête qui touche désormais plusieurs sphères du pouvoir

La présence parmi les personnes convoquées de l’ancien directeur général de la PNH, Léon Charles, et du journaliste Jean Monard Métellus démontre que l’instruction ne se limite plus uniquement aux acteurs politiques.

Cette évolution laisse penser que le juge cherche à explorer l’ensemble des ramifications du dossier, qu’elles soient institutionnelles, sécuritaires ou liées à la circulation d’informations avant et après l’assassinat du chef de l’État.

Une telle approche pourrait permettre d’élargir considérablement le champ des investigations et de mieux comprendre les mécanismes qui ont entouré la préparation, l’exécution et les conséquences immédiates du crime.

L’émission de ces mandats intervient dans un contexte où une partie importante de l’opinion publique continue de réclamer la vérité sur l’un des événements les plus marquants de l’histoire contemporaine d’Haïti.

À quelques jours des premières auditions, l’attention du pays se tourne vers le cabinet d’instruction. Les réponses qui seront apportées pourraient contribuer à éclairer l’une des affaires criminelles et politiques les plus complexes de l’histoire récente d’Haïti.

FcnHaĩti

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