Wilson Isidor interpelle le sommet du football mondial : « Haïti attend de rentrer chez soi »

Dans une publication qui ne passe pas inaperçue, l’international haïtien Wilson Isidor partage un cliché avec le président de la FIFA, Gianni Infantino, et accompagne cette image d’un message qui dépasse largement le cadre d’une simple rencontre protocolaire. Derrière une poignée de main, le jeune Grenadier fait passer une revendication claire : Haïti doit pouvoir retrouver son football à domicile.
« Ce n’était encore qu’un échange. Mais certaines poignées de main portent déjà la force d’une promesse. » C’est par ces mots que Wilson Isidor introduit sa publication. Sur la photographie, l’attaquant haïtien apparaît aux côtés de Gianni Infantino, président de la FIFA, dans une scène qui prend une dimension particulière au regard du contexte actuel du football haïtien.
Puis vient le cœur de son message : « Haïti ne demande pas seulement à rejouer à Sylvio-Cator… Haïti attend de rentrer chez soi ! »

Au-delà d’un stade, la question d’une identité
Pour Wilson Isidor, le Stade Sylvio-Cator ne représente manifestement pas uniquement une enceinte sportive. Son message présente le retour du football haïtien à domicile comme une condition importante pour poursuivre le développement de la discipline et renouer avec cette proximité entre la sélection nationale et son public.
La demande intervient après une année historique pour les Grenadiers. Haïti a retrouvé la Coupe du Monde en 2026, 52 ans après sa dernière participation, et Wilson Isidor a lui-même marqué l’histoire en inscrivant le but haïtien face au Maroc lors de la phase de groupes.
Depuis, le discours autour de l’avenir du football national ne se limite plus à la performance de l’équipe sur le terrain. Il touche également aux infrastructures, à l’organisation, à la gouvernance et surtout à la possibilité pour Haïti de recevoir à nouveau ses rencontres sur son propre sol.
Une poignée de main qui devient un message
La portée symbolique de la photographie est d’autant plus forte que la FIFA a récemment affiché son intérêt pour l’avenir du football haïtien. Le 1er septembre 2026, Gianni Infantino avait rencontré Monique André, présidente du Comité de normalisation de la Fédération haïtienne de football, autour notamment de l’avenir et du développement du football national. La FIFA a elle-même présenté cette rencontre comme consacrée à l’avenir du football haïtien.
Dans ce contexte, la publication d’Isidor peut être lue comme un appel à maintenir l’élan né de la Coupe du Monde et à transformer cette visibilité internationale en actions concrètes pour le football haïtien.
Le message du joueur est d’ailleurs particulièrement significatif au moment où il s’impose progressivement comme l’un des visages de la nouvelle génération des Grenadiers. Après avoir marqué contre le Maroc au Mondial, Isidor a encore été décisif le 24 septembre face à Trinité-et-Tobago, avec un but et deux passes décisives dans la victoire 3-2 d’Haïti en Ligue des nations de la Concacaf.
« Rentrer chez soi » : une ambition qui dépasse Wilson Isidor
À travers cette publication, Wilson Isidor ne semble donc pas simplement demander le retour d’un match au Stade Sylvio-Cator. Il pose, à sa manière, une question plus large : quel avenir veut-on construire pour le football haïtien après le retour historique à la Coupe du Monde ?
Le joueur invite ainsi les dirigeants des plus hautes instances du football mondial à regarder au-delà des compétitions internationales et à considérer les conditions nécessaires au développement durable du football en Haïti.
Car pour un pays qui vient de retrouver la scène mondiale après plus d’un demi-siècle d’absence, la prochaine étape ne peut être uniquement de continuer à jouer à l’extérieur.
Elle consiste aussi à créer les conditions permettant au football haïtien de retrouver son public, ses tribunes, ses terrains et son domicile.
Et dans le message de Wilson Isidor, une phrase résonne particulièrement fort :
« Haïti attend de rentrer chez soi. »
Une phrase qui, au-delà du joueur, pourrait désormais devenir une question adressée à tous ceux qui ont la responsabilité de décider de l’avenir du football haïtien.
Giovanni D . BIEN-AIME

