FRESH propose à la CARICOM un Congrès général du peuple comme alternative à la transition politique

Le Forum pour la Refondation de la Société Haïtienne (FRESH), une organisation de la diaspora haïtienne établie en France, a soumis au Groupe des éminentes personnalités de la CARICOM une proposition de sortie de crise fondée sur la restauration de la souveraineté populaire. Dans une lettre datée du 20 juillet 2026, l’organisation appelle à la création d’un Congrès général du peuple (COGEP), présenté comme un mécanisme de refondation démocratique pour Haïti.
Tout en saluant les efforts de médiation engagés par la CARICOM, FRESH estime que les initiatives menées jusqu’à présent n’ont pas permis d’apporter une solution durable à la crise. Selon l’organisation, les approches centrées sur le rétablissement de la sécurité et l’organisation d’élections ne répondent pas aux causes profondes de l’instabilité, qu’elle attribue à une perte de légitimité des institutions et à une confiscation de la souveraineté populaire.
Le Forum soutient que les gouvernements de transition instaurés depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse n’ont pas bénéficié d’un véritable mandat populaire. Il considère que la reconstruction des institutions passe d’abord par une restitution effective du pouvoir au peuple haïtien.

Pour concrétiser cette démarche, FRESH propose la mise en place d’un Congrès général du peuple composé de représentants issus des 570 sections communales du pays. Désignés lors d’assemblées populaires, ces délégués exerceraient pendant un an le pouvoir souverain afin de désigner un président provisoire, un gouvernement limité à douze ministres, un Parlement provisoire, un Conseil électoral permanent ainsi que les principales autorités judiciaires.
Le projet prévoit également que le COGEP formule des amendements à la Constitution de 1987, mette en place une Commission « Justice, Vérité et Réparation » chargée d’examiner les crimes politiques, financiers et civils des quatre dernières décennies, et élabore une feuille de route comprenant un programme de désarmement des groupes armés ainsi qu’un plan d’assistance aux victimes de l’insécurité.
FRESH précise que les membres du Congrès devraient être des citoyens reconnus pour leur intégrité et ne présentant aucun lien avec les partis ou regroupements politiques qu’il juge responsables de la dégradation de la situation nationale. Les fonctions seraient exercées à titre bénévole, l’État assurant uniquement les moyens nécessaires à leur mission.
Dans sa correspondance, l’organisation réaffirme son opposition aux accords politiques conclus sans participation populaire ainsi qu’au processus électoral actuellement engagé, qu’elle considère insuffisamment crédible au regard de l’insécurité, des difficultés de contrôle du territoire par l’État et des limites du cadre juridique.
FRESH annonce enfin son intention d’engager des consultations avec les différentes composantes de la société haïtienne afin de définir les bases d’une refondation démocratique. Il invite la CARICOM à soutenir une démarche fondée sur la souveraineté populaire et le droit des Haïtiens à déterminer librement leur avenir politique. La lettre a également été transmise au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, à l’Organisation des États américains, au Bureau intégré des Nations Unies en Haïti et à plusieurs organes de presse.
JJJ / FcnHaiti

