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Haïti : le GADH estime que l’affaire de La Saline a marqué un tournant dans la crise sécuritaire

Dans un rapport publié le 12 juin 2026, le Groupe d’Action pour la Défense des Droits Humains (GADH) soutient que les événements survenus à La Saline en novembre 2018 ont profondément influencé l’évolution de la crise politique et sécuritaire en Haïti. L’organisation estime que cet épisode a contribué à remodeler les rapports de force dans la capitale et à accélérer des dynamiques qui continuent d’alimenter l’insécurité dans le pays.

Dans ce document de 24 pages propose une analyse des circonstances entourant les violences de novembre 2018 et de leurs répercussions sur la situation nationale. Ce rapport est intitulé « Le Massacre de La Saline, une farce pour alimenter une spirale de violence et concocter l’assassinat du Président Jovenel Moïse ».

Selon le GADH, les événements de La Saline ne peuvent être compris isolément. L’organisation les replace dans un contexte marqué par une forte polarisation politique, une multiplication des mouvements de contestation contre le pouvoir en place et une lutte croissante pour le contrôle de plusieurs territoires stratégiques de Port-au-Prince.

Haïti : le GADH estime que l’affaire de La Saline a marqué un tournant dans la crise sécuritaire

Le rapport avance que les interprétations dominantes de cette affaire méritent d’être réévaluées à la lumière d’éléments recueillis au cours de ses recherches. Sans remettre en cause les souffrances endurées par les habitants de La Saline, le GADH affirme vouloir ouvrir un débat sur la manière dont les faits ont été documentés, relayés et intégrés au récit politique national.

Une partie importante du document est consacrée à l’ascension de Jimmy Chérizier, dit « Barbecue ». Le GADH estime que les accusations formulées contre l’ancien policier après les événements de La Saline ont marqué un tournant dans sa trajectoire publique. Selon l’organisation, cette période correspond au passage d’un acteur local de sécurité à une figure incontournable des dynamiques armées et politiques de la région métropolitaine.

Le rapport revient également sur les mouvements de protestation de juillet 2018, au cours desquels plusieurs quartiers de Port-au-Prince avaient été paralysés par des barricades et des affrontements. Le GADH souligne que Bas-Delmas était alors restée relativement accessible, une situation qui aurait contribué à renforcer la visibilité et l’influence de Jimmy Chérizier auprès de différents acteurs politiques.

Au-delà de La Saline, l’organisation considère que les conséquences de cette affaire se sont étendues à l’ensemble du pays. Elle évoque notamment la montée en puissance des groupes armés, l’aggravation de l’insécurité, le déplacement de populations et l’affaiblissement progressif des institutions publiques.

Face à ces constats, le GADH appelle à la réalisation d’enquêtes indépendantes et impartiales afin d’établir les responsabilités liées aux événements de novembre 2018. L’organisation recommande également le renforcement des mécanismes de protection des témoins ainsi que des capacités du système judiciaire.

Pour le GADH, une clarification complète des faits demeure indispensable pour mieux comprendre les origines de la crise actuelle et favoriser l’émergence d’un débat fondé sur des éléments vérifiables. Près de huit ans après les événements, La Saline reste l’un des dossiers les plus sensibles et les plus débattus de l’histoire contemporaine d’Haïti.

Fact Cheking News (FCN)

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