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Entre Communiquer et Reconquérir: l’État doit choisir

Mon Intime Conviction

Par Jean Mapou

Le pouvoir affirme vouloir reconquérir le territoire national. Il le proclame, il l’exhibe, il le médiatise. Depuis quelques jours, les autorités de la transition ont multiplié visites militaires, déclarations solennelles et démonstrations protocolaires. L’objectif est clair: restaurer l’image d’un État qui commande encore quelque chose.

Entre Communiquer et Reconquérir: l’État doit choisir

Mais une reconquête ne se fait pas à coups de photos, de slogans et de séquences filmées. Elle se mesure à l’usage de la puissance publique, pas à sa représentation, ni en jouant la carte de la dramaturgie sécuritaire.

En s’affichant au Grand Quartier général des FAd’H, le Conseil présidentiel et le Premier ministre tentent de remettre en scène une verticalité étatique disparue. Il fallait le faire. Mais il fallait surtout se demander si le pouvoir dispose des moyens d’aller au-delà de ce théâtre institutionnel.

Le territoire réel, celui des corridors économiques, des axes stratégiques et des poches urbaines, demeure fragmenté, disputé, négocié. Les gangs y règnent non par accident, mais parce qu’ils procurent des services que le pouvoir a abdiqués: contrôle, arbitrage, fiscalité et parfois même mobilité.

Le discours sur la “modernisation des FAd’H” ressurgit encore une fois; stratégie ou alibi? Mais une armée sans doctrine, sans budget, sans recrutement massif et sans chaîne logistique n’est pas une institution: c’est un slogan.

Depuis 2017, la question n’a jamais été réglée: à quoi sert cette armée dans un pays où la menace n’est pas extérieure mais intérieure? Doit-elle soutenir la PNH? La suppléer? La remplacer? On l’ignore. Et l’État fait mine de ne pas vouloir répondre.

On ne reconquiert pas un territoire en s’y rendant accompagné de caméras. On le reconquiert en y replaçant l’impôt, la justice, le monopole de la force et la libre circulation. Tant que l’État ne rétablira pas ces quatre fonctions, il n’aura reconquis que l’apparence.

La transition mise sur le narratif. Mais le narratif ne suffit plus: le pays veut des preuves. Des zones reprises, des axes rouvertes, des impôts perçus, des criminels neutralisés. Le reste est littérature.

Il est temps de sortir de la mise en scène. L’État doit choisir: Reconquérir des territoires ou Radoter dans les médias. Les deux en même temps, il n’en a pas encore les moyens.

Sans résultats, l’État joue avec son ombre. Car la reconquête est une question de souveraineté, pas de propagande.

Mon Intime Conviction

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