Haïti/Droits humains : KPTSL mise sur quatre piliers pour soutenir les enfants vulnérables

Lors de la 77ème anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’homme , célébrée le 10 décembre chaque année, le Komite Pwoteksyon Timoun Site Letènèl (KPTSL) a organisé une série d’activités durant les 16 jours d’activisme pour réfléchir sur les droits des enfants, la discrimination sociale, l’encadrement des enfants issus des zones défavorisées et la prise en charge des enfants désireux quartiers comme Martissant, fontamara, Carrefour, entre autres.
L’équipe de la rédaction de FCNHAÏTI vous encourage à lire en profondeur le discours de la présidence de KPTSL en cette occasion.

Mesdames et Messieurs représentants du Haut-commissariat des Nations-Unies aux droits de l’Homme en particulier honorable Arnaud Royer,
Mesdames et Messieurs représentants des organisations de base
MESDAMES MESSIEURS LA PRESSE PARLÉE, ECRITE, TÉLÉVISÉE ET EN LIGNE
Chers partenaires, chers jeunes, chers enfants, chers collègues,
Le soleil se lève sur le 10 décembre 2025, nous nous rassemblons non seulement pour commémorer la Déclaration universelle des droits de l’homme, mais aussi pour clôturer une période de mobilisation qui a rappelé au monde entier que la dignité humaine ne se négocie pas.
Il y a soixante-dix sept ans (77ans), des voix courageuses ont proclamé que « tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits ». Aujourd’hui, dans les rues de Port-au-Prince, dans les salles de classe, sur les terrains de football, nous entendons cet appel comme un écho qui ne doit jamais s’éteindre.
Haïti porte en elle l’histoire d’une lutte pour la liberté, mais aussi le poids d’une justice fragile, d’institutions qui vacillent et d’une jeunesse souvent manipulée.
La faiblesse de notre système judiciaire, le manque d’accès à l’éducation et aux services de santé, la montée des gangs, tout cela crée un terrain où l’exclusion sociale, économique, politique et humanitaire s’enracine.
Mais nous ne sommes pas ici pour parler de ce qui manque, nous sommes ici pour dire que nous pouvons, nous devons, faire mieux.
Depuis 2010, le KPTSL se tient aux côtés des enfants et des jeunes les plus vulnérables. Nous avons choisi de transformer chaque difficulté en opportunité :
1- Sensibiliser les familles aux dangers contre les droits de l’homme
2- Créer des opportunités économiques et sociales, en faveur de la population sans exclusion aucune.
3- Organiser des activités éducatives, sportives, culturelles, aider les enfants et les jeunes à innover comme des nouveaux leaders de la communauté et du monde.
4- Accompagner, soutenir, intégrer et réinsérer les enfants et les jeunes qui sont à risque.
Ces quatre piliers ne sont pas de simples mots ; ils sont le socle de nos actions quotidiennes.
Durant ces jours et aujourd’hui encore, nous avons vu des jeunes prendre la parole, des filles et des garçons défendre leurs droits, des enfants mères trouver un espace d’écoute.
Le Concours de Génie d’Excellence a montré que l’intelligence haïtienne brille en particulier à Martissant et à fontamara où les autorités ne font rien pour encourager et accompagner les enfants, les jeunes à une éducation voir, une éducation de qualité mais nous faisons avec.
-Le Tournoi de football interscolaire quand à lui a rappelé que le sport peut unir au-delà des divisions et les différentes équipes sorties des différentes quartiers de Martissant, de fontamara et de Port-au-Prince au su faire la différence par leur fairplay.
Les formations sur les droits humains en particuliers des filles-mères et des adolescents moins de 18 ans en situation de précarités abandonnés par l’Etat et la société ont donné aux jeunes les outils pour connaître leurs droits et les revendiquer grâce aux deux journées d’atelier de formation et de réflexion à la recherche d’une place en faveur de la jeunesse.
Le Concours de débat a prouvé que la jeunesse haïtienne n’est pas seulement l’avenir, mais le présent du changement surtout en matière du respect des droits de l’homme avec un leadership éclairé et transformationnel non transactionnel.



Ces initiatives ont renforcé la participation, le leadership et la solidarité au sein de la communauté de Martissant et fontamara de la commune de Port-au-Prince. Elles ont créé un dialogue où la violence et la discrimination ne trouvent plus de place grâce à la contribution et la compréhension de tous sans exclusion.
L’occasion est favorable pour moi, que je lance un appel à chaque citoyen, à chaque institution étatique ou privée, à chaque partenaire international : soutenons davantage nos jeunes. Renforçons la protection de l’enfant, investissons dans l’éducation, dans la justice, dans les opportunités économiques. Ensemble, nous pouvons réduire la violence communautaire et bâtir une Haïti où la paix et le respect sont le fondement de chaque communauté.
Les droits humains ne sont pas un cadeau que l’on reçoit ; ils sont le socle même de notre humanité. Ils appartiennent à chaque être humain, simplement parce que nous sommes vivants. Ils ne se monnayent pas, ils ne se marchandent pas, ils ne se méritent pas : ils sont notre droit inaliénable, notre bouclier quotidien contre l’injustice, la peur et l’exclusion.
Nous devons dénoncer la réalité cruelle qui frappe nos enfants, nos jeunes : la privation de la libre circulation, le silence imposé à l’opinion, l’absence de soins de santé, le manque de logement décent pour les déplacés internes, l’insécurité permanente, la discrimination et la violence qui les frappent sans relâche. Les drones kamikazes drones qui tuent la population civile dans les quartiers pauvres, les exécutions sommaires de la PNH pour absence de pièces d’identités ou des inventions de soupçon d’être membre d’un groupe armé à cause de notre adresse ou de notre origine sociale figurant sur une pièce d’identité étatique , les viols par des groupes armés, des tortures , je vous le dit toutes ces atrocités qui endeuillent notre communauté, nos familles et notre cher pays que nous aimons tant, dont nous sommes devenue des exilés en interne qu’à l’externe. Nous ne pouvons plus rester muets. Nous devons, ensemble, renforcer la résilience de nos communautés, créer des espaces où chaque enfant, chaque adolescent, chaque personne en situation de vulnérabilité, qu’elle soit LGBTQ+, handicapée, déplacée ou simplement humaine, peut se sentir protégée, entendue et respectée.
C’est pourquoi le KPTSL s’engage par ma voix et celui de notre directeur Monsieur Emmanuel Camille pour:
Amplifier la voix des jeunes, à les placer au cœur des décisions qui les concernent dans nos activités présentes et futures au sein de la communauté.
Soutenir les initiatives de protection et d’assistance psychosociales pour les victimes de violences, de torture et d’injustice.
Travailler avec les autorités locales et internationales pour garantir l’accès à la santé, à l’éducation, à un logement sûr et à la justice.
-Promouvoir une culture du respect des droits humains dans chaque école, chaque quartier, chaque foyer, chaque club de paix ou du moins chaque espace d’amis d’enfants qui seront mis sur pied.
Nous appelons tous les acteurs du gouvernement, organisations de la société civile comme nous, partenaires internationaux comme HCDH, UNICEF, RVC, citoyens, à se lever, à agir, à défendre ces droits qui sont les nôtres, à bâtir un État de droit inclusif où chaque être humain peut vivre en sécurité, dans la dignité et l’égalité.
Ensemble, faisons en sorte que « viv dwa moun » devienne plus qu’un slogan : une réalité quotidienne pour chaque enfant, chaque jeunes, chaque Haïtien, chaque Haïtienne, chaque personne qui foule notre terre.
Que ce 10 décembre ne soit pas seulement une commémoration, mais le point de départ d’un engagement renouvelé de KPTSL et de vous tous. Un engagement pour la dignité, pour la justice, pour l’égalité, pour chaque enfant haïtien.
_Viv dwa moun. Viv jenès ayisyèn nan. Viv yon Ayiti kote lapè ak respè se fondasyon chak kominote. Viv yon Ayiti ki respekte tout moun.
Merci.
Publié par FCNHAÏTI

