Hinche/Assassinat du Dr Junior Chérilus: un mandat d’amener décerné contre Frédérique Océan, le Délégué départemental du Centre

La Commissaire du Gouvernement près le Tribunal de Première Instance de Hinche, Me Marlène Habraam, a décerné, ce mardi 11 novembre 2025, un mandat d’amener à l’encontre du Délégué départemental du Centre, Frédérique Océan. Le haut fonctionnaire est accusé de crime d’assassinat et d’association de malfaiteurs dans le cadre du meurtre du Dr Junior Chérilus, survenu la veille à Hinche.
Le Dr Chérilus, professeur et militant connu pour ses prises de position en faveur de la réouverture du complexe administratif de la ville, a été mortellement atteint par balles, lundi 10 novembre, à proximité de son domicile. Selon plusieurs témoins, les auteurs présumés de ce crime seraient des individus armés proches du Délégué départemental.
« L’assassinat du Dr Junior Chérilus ne restera pas impuni », avait averti Me Marlène Habraam dans la foulée du drame. Moins de vingt-quatre heures après ces déclarations, la cheffe du Parquet est passée à l’action, ordonnant à la police de rechercher, conduire et présenter Frédérique Océan devant la justice pour être entendu sur ces graves accusations.
Le mandat vise le Délégué, domicilié à Hinche, pour assassinat, association de malfaiteurs et autres infractions connexes «au préjudice du Dr Junior Chérilus et de la société».

Dans la matinée de ce mardi, la tension demeurait vive dans la capitale départementale du Centre. Des citoyens en colère ont dressé des barricades de pneus enflammés devant le complexe administratif, théâtre des violences de la veille. Ces manifestants exigent l’arrestation immédiate de Frédérique Océan ainsi que celle de tous les complices présumés impliqués dans le meurtre du professeur.
Cette affaire, qui met directement en cause un représentant de l’État, suscite une vive émotion au sein de la population et relance le débat sur l’impunité et la responsabilité des autorités publiques dans les dérives sécuritaires qui gangrènent le pays.
Si les faits reprochés à Frédérique Océan venaient à être confirmés, il s’agirait d’un nouveau coup porté à la crédibilité de l’administration publique dans un contexte de crise institutionnelle et morale persistante en Haïti.
JJJ / FcnHaiti

