Le RHAJAC dénonce un vaste scandale de corruption impliquant le ministère des Finances

PORT-AU-PRINCE.— Le Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC) a publié ce jeudi une note de dénonciation accablante visant le ministre des Finances, Alfred Fils Metellus, et le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. L’organisation accuse les deux hauts responsables d’avoir orchestré, au profit de proches collaborateurs, le déblocage illégal de centaines de millions de gourdes appartenant à l’État haïtien.
Selon le RHAJAC, des fonds publics estimés entre 100 et 600 millions de gourdes auraient été virés sur les comptes bancaires de sociétés fictives, créées par des proches du Premier ministre et de ses trois conseillers-présidents: Louis Gérald Gilles, Smith Augustin et Emmanuel Vertilaire. Ces sociétés prétendaient avoir fourni du matériel à la Police nationale d’Haïti (PNH) et à d’autres institutions, alors qu’en réalité, il ne s’agirait que de firmes fantômes.
Des décaissements obscures à des fins politiques
L’organisation affirme que ces décaissements n’avaient qu’un seul objectif: acheter la loyauté des trois conseillers-présidents afin de permettre au Premier ministre de rester en place au-delà du départ annoncé du Conseil présidentiel de transition (CPT), prévu pour le 7 février 2026.
«Pendant qu’on détourne l’argent du peuple, nos policiers sont trahis», dénonce le RHAJAC, soulignant que de nombreux agents de la PNH peinent à percevoir leur salaire, ou survivent avec des rémunérations dérisoires qui ne reflètent ni leur courage ni leur sacrifice.
Un affront au principe de reddition de compte et à la nation
Le réseau considère ces pratiques comme une «insulte aux policiers» et une grave atteinte à la transparence, à l’intégrité de l’État et à la confiance du peuple haïtien. L’organisation reproche au ministre des Finances d’avoir autorisé ces transactions sur la base de simples « passés outre », en dehors des normes légales de gestion des finances publiques.
En ce sens, l’organisation emmenée par Djovany Michel formule plusieurs revendications:
- Que l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) diligente immédiatement une enquête sur les décaissements du ministère des Finances.
- Que la Banque de la République d’Haïti (BRH) publie la liste complète des virements effectués à l’étranger au nom de la PNH et d’autres institutions afin de vérifier leur légitimité.
Le RHAJAC appelle les citoyens à la vigilance et à la mobilisation
Le Réseau conclut sa note par un appel à l’opinion publique nationale et internationale à rester vigilante et à dénoncer ces crimes financiers qui. dit-il, hypothèquent l’avenir du pays et sacrifient ses forces de l’ordre.
C’est une énième sortie médiatique du RHAJAC qui risque d’alimenter les débats déjà tendus autour de la gestion du gouvernement de transition et de l’utilisation des fonds publics dans un contexte de crise sécuritaire et institutionnelle.
FcnHaïti

