Haïti : le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé plaide pour la sécurité et les élections à l’OEA

La crise haïtienne était au centre des discussions mercredi à l’Organisation des États Américains (OEA), lors d’une réunion du Groupe des pays amis d’Haïti. Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, de concert avec son gouvernement, a présenté les priorités de la transition haïtienne et appelé à un soutien international accru. Il a salué la nouvelle feuille de route de l’OEA, jugée réaliste et alignée sur les réalités du terrain, qui fixe un cadre de stabilisation pour les trois prochaines années.
La sécurité reste l’urgence absolue. Fils-Aimé a dénoncé la domination des gangs sur une grande partie de Port-au-Prince et sur des axes routiers stratégiques. Il a annoncé la reprise du contrôle du centre administratif, la sécurisation des routes nationales et le renforcement des forces de sécurité, Police nationale d’Haïti (PNH) et Forces armées (FAD’H). Il a également réclamé un appui international, y compris un renforcement de la mission multinationale et la levée encadrée de l’embargo sur les armes.
Le chef du gouvernement a également réaffirmé son engagement pour des élections libres et inclusives. Selon lui, plus de 85 % des centres de vote sont prêts, 70 % du personnel électoral mobilisé et 65 millions de dollars sécurisés pour financer le scrutin. Il a souligné l’importance de réformes institutionnelles profondes : lutte contre l’impunité, renforcement de l’État de droit et gouvernance transparente, avec un appui de la communauté internationale pour accompagner ces transformations.
Au-delà de la sécurité et de la politique, Haïti traverse une crise humanitaire et économique majeure : plus de 600 000 déplacés internes, moins de la moitié des hôpitaux fonctionnels, une inflation galopante et un secteur privé en souffrance. La feuille de route de l’OEA, évaluée à 2,6 milliards de dollars, dont 1,3 milliard dédié à la sécurité, constitue un cadre stratégique pour répondre à ces urgences et relancer l’économie. Si ce plan ne résout pas immédiatement la crise, il représente une première étape concrète et un signal fort de solidarité internationale pour stabiliser le pays et préparer un avenir plus sûr.
Fact Checking News (FCN)

