Actualités

Claude Joseph face à la Cour d’Appel : L’ancien PM évoque un financement de 20 millions de dollars

Ce mercredi, l’ancien Premier ministre Claude Joseph, vêtu d’une veste verte symbolisant son attachement politique à l’EDE et muni de son agenda assorti, s’est présenté devant la Cour d’Appel de Port-au-Prince dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat du président Jovenel Moïse. Son audition intervient à la suite de celle des mercenaires colombiens et de Joseph Félix Badio, l’un des principaux accusés dans cette affaire aux ramifications multiples.

Au cours de son intervention, Claude Joseph a énergiquement critiqué une ordonnance émise par le juge instructeur Walter Wesser Voltaire, qu’il a décrite comme « inique et bancale ». Selon lui, cette décision, portant notamment sur des personnes proches de l’ancien président – parmi lesquelles figurent lui-même, Martine Moïse, Ardouin Zéphirin et Reynald Lubérice – aurait été élaborée par des adversaires politiques, motivés par un désir de vengeance plutôt que par la recherche de la justice.

L’ancien chef du gouvernement a également fait part d’une information préoccupante : selon un ressortissant dominicain, pas moins de 20 millions de dollars auraient été investis dans le complot ayant conduit à l’assassinat du chef de l’État. Claude Joseph déplore amèrement le fait que cette donnée n’ait pas été examinée avec la rigueur qu’elle requiert par la justice haïtienne.

Claude Joseph face à la Cour d'Appel : L'ancien PM évoque un financement de 20 millions de dollars

Par ailleurs, il a dénoncé la révocation du commissaire du gouvernement Claude Bedford ainsi que celle du Ministre de la Justice, Rockefeller Vincent, dont le suivi attentif de l’enquête aurait permis d’éclaircir ce dossier si la pression politique n’avait pas pris le pas sur l’investigation. Pour l’ancien Premier ministre, ces décisions défavorables témoignent d’un lobbying nuisible à la quête de vérité.

L’audition de Claude Joseph fut également l’occasion de réaffirmer son loyalisme indéfectible envers le président Moïse. Il se remémore les défis qu’il a dû affronter à la Primature, faisant état d’une opposition virulente tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pouvoir. Dans ce contexte, il adresse de vives critiques à l’encontre de l’ancien Premier ministre Ariel Henry, qu’il accuse d’ingérence dans le processus judiciaire et de manipulation du dossier à des fins politiques.

Enfin, l’ancien Premier ministre n’a pas tari d’éloges à l’endroit de ceux qu’il désigne comme les véritables bénéficiaires de ce chaos institutionnel : les oligarques et détenteurs du monopole économique qui, selon lui, profitent de la déstabilisation du pays.

Malgré la véhémence de ses critiques à l’encontre du système judiciaire, Claude Joseph a affirmé sa volonté de coopérer avec la justice. Il a appelé à la mise en place d’une enquête indépendante et impartiale afin que « la vérité triomphe et que la mémoire du président Moïse soit respectée ». Ce dossier, marqué par de nombreuses incohérences et interrogations touchant tant aux proches du défunt qu’aux institutions judiciaires et à la Police Nationale d’Haïti, demeure l’enjeu d’une quête de justice essentielle pour l’avenir de la nation.

FcnHaïti

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page