Sommet 2021 : le gouvernement haïtien lance les concertations pour repenser le système alimentaire

Lancement ce mardi 4 mai 2021, des concertations sur le système alimentaire en Haïti. En procédant au lancement des concertations autour des systemes alimentaire en Haïti, le gouvernement haïtien veut impliquer toutes les parties prenantes tant au niveau national et international dans des discussions pour pouvoir repenser et proposer des systemes alimentaires efficaces et durables. Cette activité est réalisée en prélude au sommet mondial des Nations-Unies sur les systèmes alimentaires qui se tiendra en septembre 2021.
Lors de la cérémonie officielle du lancement des concertations sur le système alimentaire en Haïti déroulée le mardi 4 mai 2021, à l’hôtel Karibe, plusieurs personnalités ont été présentes, notamment le coordonateur de la Coordination nation de la sécurité alimentaire (CNSA), Harmel Cazeau, le secrétaire général de la Primature, Jude Charles Faustin, le directeur de Cabinet du ministre de l’Agriculture, des ressources naturelles et du Développement rural (MARNDR), karly Jean Jeune, l’ambassadeur de Suisse en Haïti, Fabrizio Poretti.
Aux dires du coordonateur de la CNSA, un grand nombre de systèmes alimentaires dans le monde sont fragiles. Vu leurs fragilités, les responsables des Nations-unies se sont montrés préoccupés, tout en estimant que si les systemes alimentaires ne sont pas sérieusement remis en question et profondément modifiés, il sera difficile d’atteindre les ODD.
C’est en ce sens que le gouvernement haïtien par le biais de la CNSA organise cette concertation pour réfléchir sur cette situation, afin de proposer des pistes de solutions pour aider à sortir le pays de cette crise alimentaire et à réaliser des progrès significatifs dans la lutte contre l’insécurité alimentaire d’ici 2030.
Cette concertation selon le coordonateur de la CNSA, Harmel Cazeau, s’étend sur quatre axes. D’abord, elle vise à examiner les objectifs des systemes alimentaires actuels et étudier leur environnement. Ensuite, cette activité entend s’accorder sur les attentes des systemes alimentaires dans les années à venir. Puis, à travers cette concertation, les organisateurs veulent identifier les changements à apporter aux cours de dix prochaines années.
Et enfin, étudier comment les parties prenantes solides peuvent collaborer à des actions collectives, constituer des partenariats solides, créer des interventions qui se renforcent mutuellement et promouvoir un cycle des concertations qui façonnent les voies vers des systèmes alimentaire durables, d’apprentissage et de partage continus.
Intervenant egalement à cette activité, le directeur de cabinet du ministre de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural (MARNDR), Carly Jean Jeune dit depuis bien des temps, il y a une conjugaison de facteur qui met a mal la mission du secteur agricole, l’empêchant de nourrir la population. Par ailleurs, il a souligné que le secteur agricole durant les trois dernières années se détériore.
La détérioration du secteur est dû au dérèglement climatique, aux variations du taux de change de la monnaie nationale, l’inflation et les troubles sociopolitiques. Ces différents problèmes ajoute-il, résulte d’un déficit alimentaire à environ 50 % des aliments consommés, d’une part. Et engendre aussi un déficit de la balance commerciale, un excédent de la balance des services, d’autre part. Tout ceci conduit à un déficit de la balance de paiement et la perte nette des réserves de change.
Pour le directeur de cabinet, cette concertation est une occasion offerte pour réfléchir ensemble et dégager des solutions qui peuvent aider à décoller l’économie du pays. « C’est aussi une occasion de faire le point sur la situation alimentaire dans le pays, de dégager une vision et une stratégie harmonieuse à travers une large concertation avec tous les acteurs », a déclaré M. Jean Jeune, convainquant qu’aucun effort ne sera ménagé pour faciliter le travail par la participation des cadres du MARNDR.
En lançant les assises sur la concertation autour des systèmes alimentaires en Haïti, le secrétaire général de la primature, Jude Charles Faustin avoir affirmé que cette initiative arrive à un moment idéal, car le gouvernement a adopté en décembre dernier, un document politique et stratégique national de souveraineté, de sécurité alimentaire et de nutrition en Haïti. Ce document élaboré est outil de référence qui prend en compte 35 mesures et 37 programmes nationaux dont leur mise en œuvre sur le territoire sera coordonnée par 11 ministères et 12 organismes.
Il constitue une pré-condition à l’atteinte des objectifs du plan stratégiques du développement d’Haïti et les objectifs du développement durable, de la souveraineté de sécurité alimentaire et de la nutrition. Cet outil servira de base pour les réflexions et les actions à poser, a renchéri le secrétaire général de la Primature, déclarant que le travail qui sera réalisé dans cette concertation va compléter et approfondir les actions et engagements proposées par la Politique de sécurité alimentaire et de nutrition. Toutefois, M. Faustin félicite les initiateurs pour cette activité et se réjoui le fait que cette concertation prend en compte toutes les couches de la vie nationale, notamment les jeunes, les femmes, les paysans, les petits commerçants, les petits exploitants agricoles, couramment appelé « Madan sara ».
FCN

