Le Comité international de la Croix-Rouge forme des journalistes pour une meilleure couverture des situations humanitaires en Haïti

Le Comité international de la Croix-Rouge a organisé (de concert avec la Croix-Rouge Haïtienne) les lundi 19 et jeudi 22 août deux séances d’échange avec des journalistes de différents médias de la capitale. L’objectif est de présenter les activités réalisées sur le terrain par l’organisation dans le cadre de son mandat et de sa mission, afin de permettre aux travailleurs de la presse de mieux cerner les notions de l’aide humanitaire dans le contexte de la violence des gangs armés à travers plusieurs endroits du pays.
Plus qu’une simple collaboration, le CICR cherche, à travers ses rencontres avec la presse, un partenariat de volontaires convaincus pour réaliser des reportages humanitaires et mieux informer les populations vulnérables.
Dans le contexte actuel de la violence armée en Haïti, le CICR attend que les journalistes prennent position en faveur des victimes, a affirmé Marisela Silva Chau, Cheffe de la Délégation du CICR en Haïti.

La nécessité d’améliorer la réponse humanitaire sur le terrain
La deuxième ambition du CICR c’est que les journalistes puissent couvrir les situations de besoin humanitaire et sensibiliser les acteurs en ce qui concerne la réponse, poursuit la responsable. «Le Comité International de la Croix-Rouge travaille surtout de manière directe sur le terrain, mais dans des cas particuliers comme Haïti, l’institution a besoin de partenaires pour améliorer et élargir cette réponse», a-t-elle précisé.
«On est en train d’élargir nos champs d’actions à d’autres endroits où les besoins humanitaires sont essentiels en Haïti», a fait savoir Marisela S. Chau expliquant que la situation n’est pas si désespérée. La promotion de l’accès aux réponses humanitaires pour les personnes affectées par la violence des gangs armés, résume en substance les interventions du CICR en Haïti.
Un bilan d’interventions basées sur le respect des vies humaines
L’action du Mouvement international de la Croix-Rouge se focalise sur la protection des vies et le respect de la dignité de la personne humaine, a souligné Léonel Celestin, officier de terrain et généraliste du CICR. L’organisation accorde la priorité aux personnes à besoins humanitaires essentiels et concentre ses ressources dans des interventions en premiers secours, la stabilisation des blessés par balles, des soins préhospitaliers, et l’accès au service ambulancier, entre autres.
En Haïti, le Comité International de la Croix- Rouge distribue des kits de premiers soins, donne un support en carburant aux hôpitaux et instances concernées par les situations de crise humanitaire. L’organisation a aussi installé des lampadaires, des addictions d’eau potable, des postes de lavage des mains dans des sites de déplacés. Elle forme également des jeunes en premiers secours, fait des sensibilisations sur la violence sexuelle, etc…

Le problème d’accès dans des zones de non-droit
Pour avoir l’accès dans les endroits contrôlés par les groupes armés, le CICR s’engage dans un dialogue bilatéral et permanent avec les parties prenantes. Ce que l’organisation appelle les porteurs d’armes (la police et les gangs) a expliqué la cheffe de la Délégation, Marisela S. Chau.
Ce processus se repose sur la neutralité et l’impartialité parmi les sept principes fondamentaux de l’organisation. La responsable a également précisé que ce dialogue doit se dérouler dans la transparence et la confidentialité, afin de garantir la sécurité des missions médicales et les actions humanitaires sur le terrain, en même temps diminuer les risques dans ces zones.
Le dialogue un sujet à controverse pour le CICR
Selon les conventions de Genève et les protocoles additionnels, le Droit International Humanitaire n’est pas applicable en Haïti; la violence des hommes armés n’étant pas une situation de conflits armés, les interventions de la Croix Rouge sont devenues très sensibles. D’où l’importance du dialogue humanitaire basé sur les sept principes fondamentaux du CICR, entre autres la neutralité et l’impartialité.
Au plus haut niveau de la Délégation du CICR en Haïti, les responsables sont conscients de multiples interprétations du dialogue qu’ils prônent avec les différents groupes armés; mais pour eux c’est vital pour assurer la sécurité des missions humanitaires et l’accès aux services en faveur des personnes ayant le plus besoin.
Pas de neutralité entre le bien et le mal
La presse pourrait jouer un rôle crucial dans la diffusion des messages pour que toutes les couches puissent bien comprendre la nécessité de protéger les missions médicales: convois humanitaires et les installations de soins préhospitaliers. Marisela Chau interpelle, en ce sens, les travailleurs de la presse à se mettre aux côtés des personnes à besoins essentiels tout en faisant leur travail. La diffusion des messages qui peuvent sauver ou protéger des vies doit-être le leitmotiv du journaliste sur le terrain en situation humanitaire. Voilà les attentes du Comité international de la Croix Rouge en organisant des tables de discussion avec les journalistes haïtiens.
Le CICR a pris naissance en 1863 par l’entremise d’un humaniste nommé Henry Dunant après la bataille de Solferino (1859) entre les armées françaises et autrichiennes. Depuis le dernier amendement de la convention de Genève en 1949, le mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant Rouge est présent dans plus de 180 pays, à travers ce qu’on appelle les sociétés nationales, apportant de l’aide aux populations victimes de guerres, conflits armés, de catastrophes naturelles et toute autre situation provoquant des crises humanitaires.
Il faut également souligner que la société nationale, c’est à dire la Croix-Rouge Haïtienne née en 1932 et reconnue en 1935 par le CICR et membre de la fédération internationale, est le partenaire privilégié du CICR. La Croix-Rouge Haïtienne compte 14 comités régionaux, 115 comités locaux et plus 10 000 volontaires sur le terrain.
En attendant la remise sur pied du numéro d’urgence 118 de la Croix-Rouge Haïtienne on peut utiliser ceux qui suivent: 48 90-2000 et 55 47- 2733.
FCNHAITI

