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Haïti-Conseil Présidentiel de Transition: Evans Paul n’y voit pas trop clair

Au cours d’une interview accordée à Radio Télé Ginen, l’ancien premier ministre Evans Paul n’a pas caché son indignation face à l’ampleur que prend la crise au point que les haïtiens ne sachent que faire véritablement. Entre le recours à la Cour de Cassation et la mise en place du CPT, l’ancien chef du gouvernement sous l’administration Martelly dit croire qu’il est impératif que les haïtiens se dirigent vers la voie de la raison pour sortir le pays de la crise.

Evans Paul n’y va pas par quatre chemins pour dénoncer l’idée de l’existence même d’un conseil présidentiel de 7 ou 9 membres ayant pour mission de siéger au palais national et diriger le prochain gouvernement de transition.

«Je n’ai jamais lu un article de la constitution qui parle de la présidence avec 7 ou 9 personnes pour siéger au palais national. Dans ce cas insolite on ne devrait plus parler de fauteuil n’a qu’une fauteuil mais de banc présidentiel, rigole Evans Paul.  C’est compliqué. Je n’en reviens pas et c’est la route la plus difficile à prendre», ironise l’ancien premier ministre.

Evans Paul se questionne également sur la méthodologie du CP lorsqu’il devra prendre les décisions importantes au nom de la république, et comment le pays va t-il s’y prendre pour les rémunérer et les sécuriser tous en même temps.

Face à ce qui se dessine à l’horizon, l’ex chef de la Primature qui s’accroche aux prescrits de la constitution de 1987 dans une crise pareille, lance un appel à la raison et à la responsabilité de tous en vue de savoir quel chemin prendre pour permettre au pays de s’en sortir définitivement.

Le chef de file du parti KONVASYON INITE DEMOKRATIK (KID) semble vouloir se conformer aux prescrits de l’article 149 de la constitution pour combler le vide présidentiel.

«La Cour de Cassation c’est la plus haute instance judiciaire du pays à laquelle nous renvoie la constitution en pareille crise. Mais le choix paraît difficile à cause de la nomination régulière de certains juges. Tandis que ce sont ces mêmes juges qui passent leur temps à adopter des décisions irrévocables engageant la nation durant tout leur mandat sans aucune forme d’opposition», a expliqué l’ancien chef du gouvernement Martelly-Paul, dénonçant ainsi l’hypocrisie et la méchanceté à l’encontre de la bonne marche du pays.

«J’ai honte, j’ai honte! Pour le pays d’abord et pour moi-même ensuite parce que je vis dans le pays. Nous n’aurions jamais dû en arriver là», regrette-t-il, condamnant les actes banditisme caractérisés, par des cas d’enlèvements et d’assassinats, des scènes de pillage suivis d’incendie des institutions publiques et privées, des écoles.

En guise de message à la nation, l’ex Premier Ministre sollicite une trêve tant du côté des civiles armés que du côté des forces de l’ordre, afin de négocier la paix et la stabilité pour le pays.

Evens Pierre-Louis

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