46% de la population haïtienne en insécurité alimentaire, la CNSA alerte les autorités

La Coordination nationale de la sécurité alimentaire (CNSA) dans son dernier bulletin portant sur le panier alimentaire et les conditions de sécurité alimentaire tient à informer que les conditions de sécurité alimentaire des ménages les plus vulnérables continuent à se détériorer dans le pays. 46% de la population haïtienne (4.4 millions) a besoin d’une assistance alimentaire de toute urgence.
Conformément aux prévisions de la dernière analyse IPC2, pour la période projetée allant de mars 2021 à Juin 2021, environ 12% de la population analysée (1,156,915 personnes) est classé en phase 4 de l’IPC (Urgence) et 34% (3,198,820 personnes) en phase 3 de l’IPC (Crise), soit 46% de la population (4.4 millions) en besoin d’une action urgente, a rapporté la CNSA dans son bulletin dont l’agence « Fact Checking News » a trouvé une copie.
La détérioration de la situation alimentaire d’après les enquêteurs de la CNSA, s’explique par la hausse des prix des produits alimentaires découlant de la décote de la gourde par rapport au dollar américain, la faible performance de la campagne d’hiver et l’épuisement des maigres réserves en raison de la période de soudure.
Par ailleurs, les informations disponibles font croire que les mesures gouvernementales pour encadrer le taux de change gourde/dollar américain semble avoir des effets négatifs sur le niveau de consommation alimentaire des ménages dépendant directement des transferts. La diminution du pouvoir d’achat, de ces derniers, induit par l’obligation de recevoir des transferts en monnaie nationale et à un taux inférieur au taux réel du marché explique la faiblesse de leur niveau de consommation alimentaire, affirme la CNSA, estimant que, pour contourner ces mesures beaucoup de ménages non loin de la frontière vont recevoir leur transfert en république voisine.
Se basant sur les recommandations, la CNSA dit que la situation de l’insécurité alimentaire ne connaitra pas une amélioration substantielle dans les trois prochains mois à cause des difficultés d’accès accentué par la dépréciation de la gourde, de la remontée de la crise liée au coronavirus qui engendra des restrictions de déplacement et de la fermeture de la frontière d’avec la République Dominicaine aussi, la détérioration probable du climat sociopolitique relatif au referendum pour le changement de la constitution. La dégradation des conditions de sécurité n’engendra pas cependant, un changement de phase.
FCN

