« 1986 – 40 ans après: les jeunes, un impératif pour bâtir la nouvelle Haïti », estime Jean Claudel Merismas

Quarante ans après 1986, Haïti semble prisonnière d’un cycle quasi permanent de crises politiques, économiques et sociales. À chaque président ou nouvelle transition de pouvoir, émerge une classe de nouveaux riches, souvent détachée des réalités de la majorité de la population, tandis que les institutions continuent de s’affaiblir et que l’État peine à assurer services et sécurité. Pendant ce temps, le pays s’enfonce toujours plus dans la précarité. Infrastructures dégradées, accès limité aux besoins essentiels, chômage élevé et pauvreté endémique façonnent le quotidien des Haïtiens. Face à cette situation chronique, Jean Claudel Merismas rappelle avec force que la jeunesse reste la seule lueur d’espoir, capable de porter le changement et de bâtir une Haïti nouvelle.
Claudel a partagé ce point de vue lors de son passage à l’émission Chérubin, à l’occasion d’un débat sur la crise de la quarantaine. Homme politique et socialement engagé depuis plus de 22 ans, il a brossé un tableau inquiétant, affirmant que depuis la chute de Duvalier, Haïti connaît des périodes marquées par l’impunité, où les dirigeants successifs semblent gouverner au détriment de la nation. Une dérive qu’il qualifie d’inacceptable et qui, selon lui, fragilise durablement l’État et la société.

«Aujourd’hui, 40 ans après, il n’y a plus de temps à perdre pour changer les choses en Haïti», a déclaré Jean Claudel Merismas, soulignant l’urgence d’une transformation profonde du pays. Pour le politologue et homme politique engagé depuis plus de vingt ans, il est impératif d’élaborer un nouveau projet de société, capable de redéfinir les priorités nationales et de replacer Haïti sur une trajectoire de développement durable.
D’autant plus, Jean Claudel Merismas a souligné, en particulier, le rôle déterminant de la jeunesse, qui, à son avis, doit être pleinement associée aux décisions, formée et responsabilisée afin de constituer le véritable moteur de la transformation nationale. Les jeunes ne sont pas seulement l’avenir du pays, ils incarnent la force capable de rompre le cycle d’échecs récurrents et de construire une Haïti plus juste et prospère, a-t-il relaté.
L’Haïti nouvelle à laquelle aspire Claudel ne saurait se concrétiser sans un vaste chantier de transformation nationale reposant, en premier lieu, sur la formation et la conscientisation de la population. Selon lui, aucun projet de refondation ne peut aboutir sans des citoyens informés, éduqués et pleinement conscients de leurs droits comme de leurs devoirs.
Parallèlement, Claudel juge indispensable une réorganisation en profondeur des partis politiques. Trop souvent affaiblies par le clientélisme, les rivalités internes et l’absence de ligne idéologique cohérente, ces structures peinent à remplir efficacement leur mission dans la vie démocratique. Pour l’homme politique, les structures politiques doivent se restructurer, clarifier leur vision et renforcer leur fonctionnement interne afin de mieux incarner l’intérêt général et répondre aux attentes de la population.
À ses yeux, c’est à cette double condition, une population mieux formée et des organisations politiques renouvelées, que pourra s’instaurer une gouvernance responsable, apte à satisfaire les aspirations légitimes des citoyens. À défaut d’une telle refondation conjointe, l’Haïti nouvelle restera un horizon souhaité, mais difficile à concrétiser, a-t-il alerté.
« Rien n’est trop difficile pour la jeunesse », écrivait Socrate. Cette maxime résonne avec force dans l’analyse de Claudel, qui voit en la jeunesse haïtienne une énergie capable de dépasser les pesanteurs historiques et les blocages structurels freinant l’essor du pays. Pour lui, les jeunes ne sauraient demeurer de simples spectateurs du jeu politique, ils sont appelés à devenir des acteurs pleinement engagés de la vie publique. En effet , Claudel estime leur implication constitue une condition essentielle pour remettre en question un système installé depuis près de quarante ans, dont les performances demeurent en deçà des aspirations nationales et des exigences du développement durable.
Claudel plaide également pour un renouvellement de la classe dirigeante. «Il faut de nouvelles figures à la tête de l’État et au Parlement, notamment des jeunes compétents, porteurs d’une vision moderne et capables de replacer le pays sur les rails du développement », soutient-il avant de lancer un appel solennel à la jeunesse afin qu’elle s’engage résolument dans la vie publique et prenne toute sa part dans la refondation nationale.
Stavena Henry/ FCN-Haïti

