Haïti/politique : le « Kolektif Popilè Nò » propose une transition consensuelle face à la crise

Face à l’impasse politique, économique et sociale que traverse Haïti, le Collectif Populaire du Nord (KPN), accompagné de plusieurs structures alliées avance trois grandes propositions, lors d’un atelier de réflexion le vendredi 30 octobre 2026, pour favoriser une sortie de crise : la mise en place d’un exécutif bicéphale, l’adoption d’un nouveau pacte républicain et la création d’une commission chargée de promouvoir un consensus national.

Ces orientations ont été présentées lors des Assises du Grand Nord, organisées le vendredi 30 octobre 2026 au Cap-Haïtien sous le thème : « Atelier de Réflexion pour une Alternative à la Crise Haïtienne ». La rencontre a réuni des représentants d’organisations politiques, de la société civile, du secteur paysan ainsi que d’autres composantes sociales, autour des défis institutionnels et des perspectives de refondation de l’État.
Prenant la parole lors de cet atelier, le président du KPN, Willy Jean-Louis, a défendu l’idée d’un exécutif bicéphale, composé d’un président provisoire et d’un Premier ministre à la tête du gouvernement. Selon lui, cette formule permettrait de réorganiser le pouvoir exécutif et d’assurer une meilleure répartition des responsabilités au sein de l’État.


De son côté, la professeure Adelleine Saintilmond a insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective autour d’un nouveau pacte républicain. Une telle démarche devrait, selon elle, permettre aux différents secteurs de la société de participer à la définition d’une nouvelle orientation politique et institutionnelle pour le pays.
Le vice-président du KPN, Yonel Jean-Pierre a, quant à lui, mis l’accent sur le dialogue entre les acteurs nationaux et une participation citoyenne accrue. Il a notamment évoqué la nécessité de disposer d’un document de propositions pouvant servir de base aux discussions en vue d’un accord politique.


Ces réflexions ont été consignées dans une résolution intitulée « Pour une transition intègre, indépendante et consensuelle ». Le document précise que le président provisoire devrait être une personnalité issue de la société civile, reconnue pour son intégrité, son expérience et son engagement envers l’intérêt général. Le Premier ministre et les autres membres du gouvernement devraient également répondre à des critères de compétence, de neutralité dans le processus électoral et de responsabilité publique. La résolution exclut par ailleurs les personnalités entretenant des liens avec des organisations criminelles ou des réseaux impliqués dans des activités illicites.
La troisième proposition concerne la création d’une Commission de mise en œuvre du consensus, composée de sept représentants des secteurs signataires. Cette structure aurait pour mission de mener des consultations auprès des acteurs politiques et sociaux, de proposer des mécanismes transparents de désignation des autorités de transition, d’élaborer une feuille de route et de préparer un projet d’accord politique.
Les signataires souhaitent également que leurs propositions soient présentées aux autres régions géographiques du pays, aux organisations politiques, à la société civile ainsi qu’à la diaspora haïtienne. Cette démarche vise à favoriser une convergence des positions et de contribuer à la construction d’un consensus national autour d’une solution politique inclusive et durable.





À travers ces trois axes, le Collectif Populaire du Nord et les structures participantes entendent apporter la contribution du Grand Nord au débat sur l’avenir institutionnel du pays. La portée de cette initiative dépendra désormais de l’accueil réservé à ces propositions et de la volonté des différents acteurs de s’engager dans un processus de concertation nationale.
Giovanni D. BIEN-AIME

