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Mali: un nouveau gouvernement formé, des militaires toujours à des postes clés

Le nouveau président de transition au Mali, le colonel Assimi Goïta, a désigné vendredi les membres d’un nouveau gouvernement dans lequel les militaires obtiennent des postes clés comme la Défense, la Sécurité et la Réconciliation nationale, a indiqué à la télévision nationale le secrétaire de la présidence, Ali Coulibaly.

C’est le nouveau président de transition, le colonel Assimi Goïta, investi le 7 juin, qui a annoncé lui-même les membres de son gouvernement. Sans surprise, les militaires ont raflé les ministères régaliens les plus importants. La Défense, la Sécurité ou encore la Réconciliation nationale voient arriver à leur tête une myriade de colonels putschistes.

Quelques heures après son investiture comme Président de la transition, Assimi Goïta a sauvé les apparences. Par décret, il a désigné comme Premier ministre Choguel Maïga, un vétéran de la politique malienne devenu l’un des leaders du M5-RFP, le mouvement de contestation contre la présidence d’Ibrahim Boubacar Keïta qui a électrisé Bamako l’an dernier. Un civil, donc, comme l’exigeait la communauté internationale. Mais parmi les 28 membres du gouvernement, on retrouve de nombreux gradés.

Mali: un nouveau gouvernement formé, des militaires toujours à des postes clés

Le colonel Sadio Camara, l’un des cerveaux du coup d’Etat d’août 2020 reprend la main sur le ministère de la Défense. Il avait été évincé du gouvernement de transition fin mai, par l’ancien président de la transition Bah Ndaw. Cette mise à l’écart avait été considérée comme l’un des évènements déclencheurs du second putsch en neuf mois du colonel Goïta.

Un autre meneur du putsch, le colonel-major Ismaël Wagué, conserve le portefeuille de la Réconciliation nationale, tandis que l’ancien chef d’état-major adjoint des armées maliennes, le colonel-major Daoud Aly Mohammedine ainsi que le lieutenant-colonel Abdoulaye Maïga prennent respectivement les rênes des ministères de la Sécurité et de l’Administration territoriale.

La constitution de ce nouveau gouvernement intervient au lendemain de l’annonce par Emmanuel Macron jeudi de la fin de l’opération antijihadiste Barkhane, menée au Mali, au Burkina Faso, au Niger et au Tchad depuis huit ans par la France. Pour Emmanuel Macron, les Etats sahéliens, Mali en tête, sont à blâmer : si de vastes territoires restent privés de services de base, c’est selon lui «parce que les Etats décident de ne pas prendre leurs responsabilités». Le président de la république a par ailleurs reproché à l’Afrique de l’Ouest «d’avoir reconnu comme président de transition» le colonel Goïta qu’il a qualifié de «putschiste».

Faut-il souligner que, l’un meneurs du coup d’Etat d’août 2020, Sadio Camara, retrouve le portefeuille de la Défense, selon le décret présidentiel. Son éviction du gouvernement fin mai par l’ancien président de la transition, Bah Ndaw, est considéré comme l’un éléments ayant déclenché le second putsch en neuf mois du colonel Goïta.

FCN Avec AFP

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