L’ONU alerte sur une crise « alarmante » des droits humains et des déplacements massifs sans précédent

L’expert indépendant des Nations unies sur la situation des droits humains en Haïti, William O’Neill, a dressé, lundi 16 mars 2026, un constat particulièrement préoccupant de la situation dans le pays, à l’issue d’une visite récente sur le terrain.
Lors d’une conférence de presse tenue au siège de l’Organisation des Nations unies à New York, l’expert a évoqué une crise multidimensionnelle marquée par une insécurité persistante, des violations graves des droits fondamentaux et une détérioration rapide des conditions de vie.

Selon ses estimations, au moins 1,4 million de personnes ont été contraintes de fuir leur domicile depuis 2023 en raison des violences des gangs, un niveau inédit de déplacements internes dans l’histoire récente du pays. « De nombreuses familles vivent dans des conditions extrêmement précaires », a-t-il souligné, évoquant l’absence d’accès aux services essentiels tels que l’eau potable, les soins de santé, l’éducation et un logement adéquat.
L’expert onusien s’est également déclaré profondément préoccupé par l’ampleur des violences sexuelles dans les camps de personnes déplacées, où les populations les plus vulnérables, notamment les femmes et les enfants, sont exposées à des abus répétés.
Par ailleurs, les conditions de détention ont été qualifiées d’inhumaines, notamment dans les prisons de Port-au-Prince et du Cap-Haïtien, où la surpopulation, l’insalubrité et l’absence de séparation entre détenus adultes et mineurs aggravent les violations des droits fondamentaux.
Face à cette situation, William O’Neill appelle la communauté internationale à intensifier son engagement, tout en exhortant les autorités haïtiennes à renforcer les mécanismes de protection des droits humains et à garantir un accès effectif à la justice.
JJJ / FcnHaiti

