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Des écoles nationales laissées pour compte: des directeurs saisissent le PM Fils-Aimé

Alors que, depuis près de deux semaines, l’attention nationale se concentre sur le remaniement ministériel, marqué par l’arrivée de nouvelles figures au sein du gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé, la réalité du système éducatif public suit une trajectoire bien moins reluisante. Sur le terrain, les écoles nationales et, dans une large mesure, les lycées, demeurent confrontés à une dégradation continue de leurs conditions de fonctionnement. Cette situation suscite une vive inquiétude au sein des directions d’établissements publics. Réunis en conférence de presse le mardi 3 mars 2026, plusieurs directeurs, membres du Regroupement des directeurs d’écoles nationales d’Haïti (REDIENAH) ont choisi d’unir leurs voix pour alerter l’opinion publique et les autorités sur les difficultés auxquelles font face les élèves, et de plaider en faveur de mesures urgentes en leur faveur.

En dépit des multiples remplacements à la tête du ministère de l’Éducation nationale, les problèmes structurels persistent sans qu’aucune solution durable ne soit réellement mise en œuvre. À chaque nomination, un certain espoir de redressement se manifeste, mais sur le terrain, les directeurs d’établissements publics constatent que les dysfonctionnements se perpétuent. Pire encore, certaines décisions administratives sont jugées inadaptées, voire contre-productives, et contribuent à accentuer les difficultés au lieu de les résoudre, a expliqué directeur Anio Pierre, Coordonnateur Général du REDIENAH.

À son arrivée à la tête du MENFP en 2024, le ministre Antoine Augustin, à l’instar de ses prédécesseurs, avait multiplié les promesses concernant la rénovation du système éducatif et l’amélioration des conditions de travail des enseignants, a souligné Anio Pierre.

Des écoles nationales laissées pour compte: des directeurs saisissent le PM Fils-Aimé

Pourtant, deux ans plus tard, les problèmes demeurent intacts et, dans certains cas, se sont même aggravés. Dans les écoles nationales, les directeurs dénoncent une situation alarmante, où les subventions destinées aux élèves et aux familles se font de plus en plus rares, compromettant le fonctionnement des établissements et l’accès équitable à l’éducation.

Par ailleurs, la question du transport scolaire a suscité de vifs débats lors de cette conférence de presse. Selon les responsables d’écoles, des bus initialement destinés aux élèves des écoles nationales et aux lycéens seraient désormais exploités dans une logique de privatisation, limitant ainsi l’accès équitable à ce service, en particulier pour les élèves du secteur public.

À cela s’ajoute, selon les responsables, l’absence de fournitures scolaires et d’uniformes depuis 2016 pour les élèves des écoles nationales, une carence qui pèse lourdement sur les familles déjà éprouvées par la cherté de la vie et complique encore davantage leur capacité à scolariser leurs enfants.

Appel au FNE et aux autorités

De ce fait, les directeurs d’écoles nationales ont lancé un appel pressant au Fonds National de l’Éducation (FNE) pour qu’il vole au secours des parents, déjà accablés par les difficultés quotidiennes en Haïti, marquées par l’insécurité croissante et la cherté de la vie. Selon eux, il est urgent que le FNE intervienne, en accordant des subventions et en assurant la fourniture régulière de matériel scolaire, afin d’alléger le fardeau des familles, selon Directeur Guyel Desinor, responsable des relations publiques du Regroupement.

Le FNE ne doit pas un outil au service des partis politiques mais une institution publique ayant la responsabilité de répondre aux besoins scolaires en matière de subventions dans le système éducatif haïtien », a déclaré le responsable des relations publiques du REDIENAH.

Tout en réclamant le rétablissement des subventions, ces directeurs d’écoles nationales, exhortent le premier ministre Alix Didier Fils-Aimé à instaurer un dialogue ouvert avec les acteurs de terrain et à mettre en œuvre un plan de redressement structuré, susceptible de restaurer la confiance au sein de la communauté éducative et d’offrir aux élèves des écoles nationales des conditions d’apprentissage dignes et équitables.

FCN/Haïti

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