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La Chronique de Jean MAPOU: Une question osée


Par Jean Junior JOSEPH

Le sujet est devenu viral au point d’en entendre parler dans tous les coins. Cependant le débat n’est pas démocratique constatai-je; cela remonte à quand, d’ailleurs, la dernière fois quelque chose était démocratique en Haïti? On a toujours tout polarisé comme si les choses devaient être tout noir ou tout blanc.

J’espère que vous ne pensez pas au Coronavirus, comme sujet d’actualité dans le contexte, notamment politique que nous vivons ces temps-ci. Certe ça devrait l’être, mais pour le gouvernement haïtien le référendum demeure la priorité des priorités. Et ce qui m’étonne le plus, cela devrait être le cas pour vous aussi, c’est que le referendum est également la priorité des hommes de l’opposition.

La Chronique de Jean MAPOU: Une question osée

Le gouvernement ne jure que par le changement de la constitution Dieu seul sait pourquoi. L’opposition, elle, ne jure que par le boycottage de ce projet. Nul ne veut rien entendre et ne veut parler d’autre chose que ça.

En Haïti tout est polarisé. Dans le camp de l’opposition même le militant le plus avisé ne va oser remettre en question le combat contre le référendum, sous peine d’être outragé. Encore moins un adepte de l’autre camp n’osera s’y approcher avec une pancarte où s’est inscrit Vive le Référendum, sans être mis à mort. Chez le pouvoir en place, la même pratique.

Dans le vacarme de l’intolérance et le fleuve de la passion, personne ne lève le petit doigt pour demander deux choses. N’est-il pas grand temps de remettre en cause nos valeurs, les bases du fondement de notre État, de notre société? Et, si plus de 10 ans plus tard Jovenel Moïse aurait raison? Ce sont que des questions osées dont-il ne faut pas avoir peur de poser, ou de se poser.

Environs dix ans plus tard, même les français parviennent à reconnaitre qu’Haïti avait subit une injustice en payant une indemnité en vue de la reconnaissance de son indépendance, gagnée au prix du sang de nos aïeux. A l’époque de 2004, le visage et le nom de Jean Bertrand Aristide ne pouvaient pas porter un tel symbole si noble. On l’a déchu du pouvoir parce qu’il voulait défier les héritiers du système. Aristide a échoué, personne d’autre n’est revenue à la charge et l’argent n’est pas restitué.

Ne soyons pas indifférents, le référendum n’est guère une priorité face au Coronavirus, je doute même de ses opportunités, mais nous devrions malgré tout nous surpasser pour nous poser la question, aussi osée soit-elle; est-ce utile ou nécessaire maintenant de changer la base de nos fondements? Ou pourquoi le faire? sous quel leadership? Nous aurions du prendre beaucoup de temps pour regarder la profondeur de la chose, les actions parallèles aux ambitions du pouvoir de changer la constitution.

Que devrions-nous empêcher de passer, l’homme ou la balle?

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