Haïti: l’Accord de Montana appelle au renvoi du Premier ministre et à une assise nationale avant le 7 février

Alors que l’échéance du 7 février 2026 approche et que l’incertitude politique s’intensifie, l’Assemblée des signataires de l’Accord de Montana a publié ce 16 janvier un communiqué exprimant sa «profonde préoccupation» face à la détérioration de la situation politique et sécuritaire du pays. Le regroupement accuse la gouvernance transitoire actuelle d’avoir échoué et appelle à des mesures immédiates pour éviter le chaos.
Dans son communiqué, l’accord estime que la transition conduite sous la direction du Premier ministre Alix Didier Fils Aimé a abouti à une impasse politique, à une perte de confiance de la population et à une aggravation de la crise sécuritaire.

L’Assemblée évoque une incapacité à gouverner, des soupçons de corruption et des relations non autorisées avec des acteurs étrangers, qu’elle juge attentatoires à la souveraineté.
Selon le texte, ces dérives combinées, associées à l’absence de consensus politique, menacent gravement la stabilité nationale à l’approche de l’expiration du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT).
Demandes de mesures immédiates
Le regroupement propose une série de mesures urgentes et jugées indispensables à une issue politique ordonnée: Le renvoi du Premier ministre Alix Didier Fils Aimé, remplacé par un chef de gouvernement intérimaire dont le mandat s’achèverait le 6 février 2026; la convocation d’une assise nationale inclusive, réunissant l’ensemble des forces politiques et sociales; et l’adoption d’un calendrier consensuel de négociations, assorti de décisions opérationnelles immédiates.
Pour les signataires, seules ces décisions pourraient éviter l’effondrement de la transition en cours et ouvrir la voie à une gouvernance plus légitime.
Un avertissement sur la légitimité de la transition
Sans actions rapides, préviennent les signataires, la transition actuelle risque de perdre toute légitimité, au détriment non seulement du peuple haïtien mais également de l’avenir démocratique du pays. Dans ce contexte, le communiqué réaffirme la disponibilité du groupe Montana à participer à un processus de dialogue national.
Un paysage politique fragmenté à trois semaines du 7 février
Cette prise de position intervient dans un moment où plusieurs autres acteurs politiques, organisations de la société civile et partenaires internationaux émettent des inquiétudes similaires sur l’avenir de la transition. L’absence de consensus sur un schéma pour l’après-CPT et l’aggravation de l’insécurité créent les conditions d’un vide institutionnel redouté.
Le communiqué est signé par les quatre membres du comité de pilotage de l’Assemblée: Dr Jean Hénold Buteau, Cius Delson, Me Francisco Alcide et Yves A. Joseph, marquant une volonté d’exister dans le jeu politique à un moment critique.
FcnHaïti
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