Haïti-Politique : L’AIDH fustige l’inaction du CPT face à l’effondrement sécuritaire

Dans un communiqué publié le 4 novembre 2025, l’Action Internationale pour les Droits Humains (AIDH) tire la sonnette d’alarme sur la dégradation accélérée de la situation sécuritaire et humanitaire en Haïti, accusant le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) d’inaction et d’indifférence face à la montée en puissance des gangs armés.
Selon l’organisation, Port-au-Prince, autrefois « le cœur battant de la nation », est désormais « une ville assiégée », où la terreur s’impose au quotidien. Près de 90 % du département de l’Ouest, ainsi que l’Artibonite et le Centre, seraient sous le contrôle direct ou indirect des groupes criminels. Ces derniers opèrent en toute impunité, pendant que les forces de l’ordre, épuisées et sous-équipées, peinent à restaurer l’autorité de l’État.
L’AIDH déplore que les neuf (9) membres du CPT, désignés par 62 organisations politiques et installés depuis dix-huit mois, n’aient toujours pas pris de mesures concrètes pour endiguer la violence. «Les citoyennes et citoyens vivent dans la peur constante : assassinats, kidnappings, extorsions et barrages armés rythment leur quotidien», souligne le communiqué.
L’organisation évoque notamment le massacre de l’Arcahaie, où une trentaine de personnes auraient été tuées par la coalition criminelle “Vivre Ensemble”. Ce drame illustre, selon l’AIDH, «l’impuissance totale de l’État haïtien et la faillite des institutions censées protéger la population».
L’AIDH condamne fermement le laxisme du CPT et du Conseil Supérieur de la Police Nationale (CSPN), dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, pour leur incapacité à rétablir le contrôle des routes nationales # 1 et # 2, toujours sous la domination des gangs.
Rappelant que la sécurité publique relève de la responsabilité première de l’État, l’organisation avertit qu’elle «ne saurait être laissée à l’appréciation des citoyens selon qu’ils disposent ou non d’armes à feu».
Face à ce constat accablant, l’AIDH exhorte le Conseil Présidentiel de Transition à adopter sans délai des mesures fortes et ciblées afin de restaurer un minimum de stabilité dans les zones les plus affectées, notamment dans les départements de l’Ouest, de l’Artibonite et du Centre.
L’organisation conclut en appelant la communauté internationale à ne pas détourner le regard de la tragédie haïtienne, soulignant que «la sécurité et la dignité du peuple haïtien ne peuvent être les variables d’ajustement d’un pouvoir transitoire préoccupé par sa survie politique».
JJJ / FcnHaiti
