Drogue vers les États-Unis : Haïti placée sur une liste de 23 pays sous surveillance accrue des États-Unis

Haïti figure désormais parmi les 23 pays considérés par les autorités américaines comme étant directement impliqués dans la production ou le transit de stupéfiants vers les États-Unis. L’annonce a été faite ce jeudi par l’ambassade des États-Unis à Port-au-Prince, à la suite de la transmission officielle de la liste au Congrès américain le 15 septembre 2025 par le président Donald Trump.
Dans sa déclaration, le chef de l’État américain a précisé que l’inscription de certains pays repose sur une combinaison de facteurs géographiques, commerciaux et économiques, qui facilitent la production ou le transit de drogues, même lorsque des mesures de contrôle et de répression ont été engagées. « J’appelle ces nations à remplir leurs obligations internationales et à mettre un terme aux flux d’approvisionnement, faute de quoi elles s’exposent à de graves conséquences », a averti M. Trump, en invoquant l’article 706(1) de la Foreign Relations Authorization Act (FRAA) pour l’exercice 2003.
Le directeur du FBI, Kash Patel, a pour sa part souligné que le Venezuela demeure l’un des principaux points d’origine de la cocaïne en provenance d’Amérique du Sud. Selon lui, Haïti et plusieurs îles caribéennes servent de plateformes de transbordement vers les États-Unis. « Nous poursuivrons sans relâche chaque narcotrafiquant impliqué dans ces réseaux », a-t-il assuré.
Cette mise en garde intervient dans un contexte où Haïti avait déjà été inscrite, en septembre 2024, par l’administration Biden, sur la liste des principaux pays de transit de drogue.
Parallèlement, les autorités haïtiennes tentent d’intensifier leurs opérations de répression. Le 13 juillet 2025, une vaste intervention conduite par la Police nationale d’Haïti (PNH) sur l’île de la Tortue, dans le département du Nord-Ouest, a permis la saisie de 1 045 kilos de cocaïne, l’interpellation d’un suspect et la confiscation d’une embarcation. L’opération, qui a mobilisé le Bureau de lutte contre le trafic de stupéfiants (BLTS), l’Unité départementale de maintien d’ordre (UDMO) et la Garde côtière haïtienne, a cependant été marquée par un violent affrontement armé ayant coûté la vie à plusieurs individus, dont le ressortissant jamaïcain Antony Jimmy, identifié comme l’un des trafiquants.
Cette désignation par Washington place Haïti sous une surveillance internationale renforcée, alors que le pays est déjà confronté à des défis sécuritaires et institutionnels majeurs.
JJJ / FcnHaïti

