Le SEMIC dénonce un projet visant à rétrograder le ministère des Cultes à une simple direction du MAE

Le Syndicat des Employés du Ministère des Cultes (SEMIC) monte au créneau pour dénoncer un projet gouvernemental visant à rétrograder le Ministère des Cultes au rang de simple direction déconcentrée au sein du Ministère des Affaires Étrangères. Dans une note adressée à la rédaction de Fact Checking News (FCN), le syndicat dénonce ce projet comme une grave dérive institutionnelle. Soulignant l’importance stratégique et symbolique du Ministère des Cultes, le SEMIC appelle à une mobilisation urgente de l’ensemble des secteurs religieux pour faire barrage à cette initiative.
Dans sa note de dénonciation, le SEMIC fait savoir que depuis la création des départements ministériels par le décret du 30 mai 1924 (Journal Officiel No. 44), les affaires religieuses ont toujours été prises en compte dans l’organisation de l’État haïtien. Ce cadre a été renforcé notamment par l’arrêté du 10 décembre 1941, sous l’administration d’Élie Lescot, qui avait élargi les attributions du Secrétariat aux Cultes (Journal Officiel No. 76).
Mais c’est surtout le décret du 5 août 1987, publié sous le Conseil National de Gouvernement dirigé par le général Henri Namphy (Journal Officiel No. 76), qui a donné au Ministère des Cultes sa pleine légitimité en tant qu’entité autonome, d’après le SEMIC. Ce texte, toujours en vigueur, est considéré comme la loi organique du ministère. Il érige l’institution comme un ministère à part entière, tout en la plaçant sous la tutelle d’un ministre responsable des Affaires étrangères et des Cultes, mais sans jamais la fusionner à ce dernier.
Or, selon le SEMIC, certains cercles politiques influents manœuvrent actuellement pour faire adopter un décret qui réduirait cette institution historique à une simple direction dépendante du Ministère des Affaires Étrangères. Une démarche jugée inacceptable par le syndicat, qui y voit une volonté manifeste de démanteler un ministère doté d’une mission essentielle dans l’encadrement du secteur religieux haïtien.
« Tandis que plusieurs voix dans les milieux religieux réclament la nomination d’un ministre dédié exclusivement aux Cultes, voilà qu’on cherche à faire exactement le contraire : dissoudre l’autonomie de cette institution. Quel gâchis ! », déplore le SEMIC dans sa note.
Dans cette perspective, le syndicat lance un appel pressant à toutes les confessions religieuses du pays afin de se lever contre ce projet qu’il qualifie de tuatoire pour le ministère. Le SEMIC interpelle également les membres du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), les exhortant à prendre des mesures immédiates pour préserver le statut du Ministère des Cultes et, mieux encore, lui attribuer un ministre en titre, garant de son bon fonctionnement et de son rayonnement.
FCN/Haïti
