Le SKL dénonce une tentative du secteur privé de s’emparer de la transition politique

L’organisation Sant Karl Lévêque (SKL) tire la sonnette d’alarme face à ce qu’elle considère comme une tentative du secteur privé haïtien de s’approprier la transition politique en cours. Dans une déclaration publique, le SKL lance un appel à la mobilisation citoyenne pour empêcher le secteur privé de prendre la tête du Conseil présidentiel de transition (CPT).
Selon le SKL, la situation actuelle d’Haïti est le résultat direct de décisions politiques prises au fil des années par des élites qui ont failli à leur mission de diriger le pays vers un avenir digne des aspirations du peuple. L’organisation estime que la grave crise humanitaire, politique, économique et sécuritaire que traverse la nation n’est pas une fatalité, mais plutôt le fruit d’un système orchestré par ceux-là mêmes qui cherchent aujourd’hui à diriger la transition.
Une crise multiforme et aggravée
Le SKL dresse un tableau sombre de la conjoncture actuelle. Il note qu’en 2025, près de 6 millions d’Haïtiens ont besoin d’assistance humanitaire, soit une hausse importante par rapport à l’année précédente. Sur le plan économique, le pays recule, avec une inflation galopante, une baisse de la consommation, un effondrement de l’investissement privé et une pression fiscale accrue.
Sur le plan sécuritaire, la situation est qualifiée d’« infernale ». Près de 2 millions de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays, fuyant les violences des groupes armés. Des centaines de maisons ont été détruites, et des quartiers entiers vivent sous la terreur. Les femmes, les enfants et les jeunes, en particulier, sont les premières victimes de cette insécurité grandissante.
Une transition confisquée ?
Dans sa déclaration, le SKL accuse une partie du secteur privé d’alimenter volontairement l’instabilité. Selon l’organisation, certaines entreprises ou figures influentes seraient impliquées dans le financement de groupes armés, la circulation d’armes dans les quartiers populaires, et chercheraient désormais à se placer à la tête de la transition pour se protéger et conserver leur pouvoir.
Le SKL rejette catégoriquement cette option, qu’il qualifie de « braquage politique ». Il estime que la prise de contrôle du CPT par le secteur privé reviendrait à confier les clés du pays à ceux qui l’ont exploité, appauvri et plongé dans le chaos.
« Ce n’est pas seulement une rotation de présidence qui est en jeu, mais l’avenir du pays. Ce que nous voyons, c’est une tentative de confiscation de la transition par ceux-là mêmes qui ont contribué à l’effondrement des institutions », peut-on lire dans le document.
Appel à la résistance
Le SKL appelle tous les acteurs représentés au sein du Conseil présidentiel, ainsi que la communauté nationale et internationale, à rejeter toute tentative visant à placer un représentant du secteur privé à la tête de la transition.
Selon l’organisation, cette stratégie viserait avant tout à garantir l’impunité de certains acteurs puissants, soupçonnés d’entretenir des liens directs avec les groupes armés. Leur objectif serait, selon le SKL, de bloquer toute enquête, toute justice, et toute forme de reddition de comptes.
Pour le SKL, laisser le secteur privé diriger le CPT, c’est transformer la transition en tragédie, et les futures élections en mascarade, dominées par l’argent, la peur et la manipulation.
FCN-Haiti

