Le GRAPH dénonce une politique internationale qui perpétue le statu quo en Haïti

Le Groupe de Réflexion et d’Action des Parlementaires Haïtiens (GRAPH) a publié une analyse sévère portant sur la gestion de la transition par l’équipe gouvernante, pointant du doigt une stratégie internationale qui, plutôt que d’initier de réelles réformes, semble s’acharner à maintenir un statu quo préjudiciable. Dans sa note de conjoncture en date du 4 juillet, le GRAPH s’insurge contre la relance du dialogue opérée le 1er juillet par la CARICOM, démarche jugée sectaire, exclusive et discriminatoire.

À l’aune des discussions renouvelées, le collectif parlementaire constate avec consternation que les mêmes acteurs, déjà éprouvés par des échecs successifs, sont désormais reconduits sur le devant de la scène. Selon le GRAPH, cette manœuvre révèle une volonté manifeste de la communauté internationale de conserver des cadres de discussion inertes, en dépit de l’urgence de la situation et de la nécessité d’apporter des solutions réelles et durables à la crise haïtienne.
Par ailleurs, l’organisation critique avec virulence le non-respect par le CPT de la feuille de route qui lui était initialement confiée. En effet, le principal mandat, consistant à établir un Organe de Contrôle du Gouvernement capable d’assumer à juste titre des fonctions parlementaires pendant la période transitoire, n’a pas été mis en œuvre. Ce manquement, s’ajoutant à l’aggravation des problèmes d’insécurité, à l’insuffisance de l’emploi et à la prolifération de groupes armés qui s’emparent de larges portions du territoire national, contribue à une crise humanitaire sans précédent, marquée par la multiplication des déplacés.
Le GRAPH insiste sur la nécessité d’un dialogue véritablement inclusif, impliquant l’ensemble des forces vives et représentatives de la société haïtienne. La relance du dialogue par la CARICOM, en excluant une part importante des acteurs essentiels à la reconstruction, ne saurait constituer un remède aux maux qui affligent le pays. C’est dans ce contexte que le collectif parlementaire réclame fermement sa propre participation à toute initiative de dialogue inter-haïtien en vue d’une sortie de crise pérenne.
« Haïti ne pourra se relever sans la participation réelle de toutes ses forces vives, dans un élan patriotique, loin des agendas étrangers ou des arrangements entre petits groupes d’intérêts », conclut le GRAPH, appelant ainsi à un recentrage de l’action politique sur les nécessités intrinsèques du pays et sur la mobilisation de l’ensemble de ses acteurs pour un avenir démocratique et durable.
JJJ / FcnHaïti
