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8 Juillet 2001 – 8 Juillet 2025: Bibliothèque Georges Castera de Limbé : 24 ans déjà

Il y a 24 ans, naissait à Limbé une promesse discrète, un souffle de lumière entre les murs d’une petite salle : la Bibliothèque Georges Castera. Partie de presque rien, elle est devenue un chant d’espérance, une victoire du livre sur l’oubli, de la culture sur l’indifférence. En ce jour d’anniversaire, son fondateur, Clément II Benoît, nous livre le regard d’un homme qui a cru, envers et contre tout, en la beauté des mots et en la force de ceux qui refusent de renoncer.

Mesdames, Messieurs, chers amis de la culture et de la lecture,

Aujourd’hui, je me tiens devant vous avec émotion, mais aussi avec reconnaissance. Ce que nous célébrons n’est pas simplement un anniversaire, c’est un miracle quotidien. Une victoire lente et têtue sur l’abandon. Une fidélité au rêve.

8 Juillet 2001 - 8 Juillet 2025: Bibliothèque Georges Castera de Limbé : 24 ans déjà

Il y a 24 ans, le 8 juillet 2001, nous avons ouvert, dans une salle modeste, une bibliothèque avec 57 livres, un vieux bureau, beaucoup d’innocence et une immense foi. Nous n’avions ni budget, ni certitude. Mais nous avions une conviction : le livre est une promesse. Et cette promesse, nous l’avons tenue.

Depuis, la Bibliothèque Georges Castera du Limbé n’a cessé de vivre, de s’élargir, de respirer, d’ouvrir ses bras à la jeunesse, aux rêveurs, aux chercheurs de sens. Elle est devenue, pour beaucoup, un lieu de passage, mais aussi d’ancrage. Un abri pour l’intelligence. Une école silencieuse où l’on apprend à se penser, à penser le monde, à désirer autre chose.

Dans un pays où l’accès au savoir reste une conquête quotidienne, ouvrir un livre, c’est oser espérer. Lire, c’est résister. Prêter un livre, c’est tendre la main. Tenir une bibliothèque vivante pendant 24 ans, c’est croire malgré tout.

Je veux, ce soir, remercier ceux qui ont marché avec nous, parfois dans l’ombre, souvent sans rien attendre en retour. Si la bibliothèque tient encore debout aujourd’hui, c’est grâce à une chaîne de solidarité et d’amitié qui mérite qu’on la salue.

Je remercie, avec une immense gratitude :
Me E. Jean Baptiste BROWN, Mme Chantalle PIERRE-LOUIS, présidente d’honneur de la BGCL,
Les Entreprises Plastech Haïti,
Mme Marie Petuelle Mombrun DUBUISSON, Mme Marlène GAY, Karyne RAYMOND,
Ing. Fritz ADRIEN, Ing. Jean ADRIEN, Dr Marcelin DÉSIR, Dr Bertrand SINAL, Dr Garnel MICHEL,
Me Guy Mario GAI, Me Yves MARTIAL, Me Mesac PHILOGÈNE, Me D’Jimy MALVAL,
M. Hugues JOSUÉ, président d’honneur de la Bibliothèque Dany Laferrière de Petit-Trou-de-Nippes,
Me Remus REGIS, M. Clément III BENOÎT.

Je n’oublie pas le professeur Jean Ronald JOSEPH, ancien directeur général du Fonds National de l’Éducation (FNE), grâce à qui Livres en Liberté a dépassé nos frontières, touché d’autres villes, d’autres vies, d’autres enfants.
J’ai eu la chance d’organiser plusieurs éditions de Livres en Liberté en Afrique, notamment au Cameroun, en Côte d’Ivoire et au Mali. À chaque fois, ce fut une aventure humaine et littéraire exceptionnelle, rendue possible grâce à l’enthousiasme des partenaires et des lecteurs. L’initiative a aussi voyagé en Europe, portée par cette même conviction : les livres ont le pouvoir de relier les peuples et de semer des rêves là où l’espoir vacille.

Et je rends un hommage tout aussi sincère à ceux qui ont cru en nous dès le premier jour, qui ont dit « oui » alors que nous n’avions presque rien à montrer :

Mme Magali Comeau Denis, Mme Marie Laurence Jocelyn Lassègue, Mme Dithny Joan Raton, Mme Emmanuella Giordani, M. Gilles Jean-Baptiste, moteur infatigable de Livres en Liberté à la Vallée Sud-Est,
M. William Eliacin, M. Jack Guy Lafontant, M. Yves Germain III, Me Nehemy Joseph, M. Charles Castel, M. Georges Henry Fils, M. Max Chauvet, Mme Florence Hill Desulmé, M. Joseph Mompremier, M. Ogé Yacinth, Me Dieulin Joanis,
Dr. Dwight ST FLEUR, Lord Edwin Byron…

Je veux que chacun de ces noms soit retenu, honoré, remercié. Ce sont des femmes et des hommes de conviction. Sans eux, sans leur confiance, sans leur appui discret ou bruyant, cette maison du savoir n’existerait pas.

Et comment ne pas penser à ceux qui nous ont quittés, mais dont l’âme habite encore ces murs ?
Mona Guérin, Paulette Poujol Oriol, Jacques Roche, Frankétienne, Claude C. Pierre, Henri Bazin, Jean-Claude Fignolé…
Ils nous ont montré, chacun à leur manière, que les mots peuvent devenir refuge, lumière, levier.

Je vous le dis avec humilité mais aussi avec force : chaque livre donné, chaque étagère remplie, chaque enfant accueilli dans cette bibliothèque est un acte de foi. Une façon de dire au monde que nous ne renonçons pas.

La Bibliothèque Georges Castera est plus qu’un bâtiment. C’est une idée. C’est un engagement. C’est une réponse silencieuse à la violence et à l’oubli. C’est notre façon de dire : nous existons encore, nous pensons encore, nous rêvons encore.

Et ce que nous avons commencé ici, nous l’avons poursuivi ailleurs : à Petit-Trou-de-Nippes, à Marmelade, dans les quartiers reculés, dans les provinces oubliées… Les livres marchent. Ils voyagent. Ils changent les vies.

Alors que cette célébration ne soit pas un point final. Qu’elle soit un recommencement. Un nouveau chapitre.

Continuons à bâtir. Continuons à croire. Continuons à offrir des livres comme on offre du pain, une main, une tendresse.

Vive le livre. Vive la BGCL. Vive Haïti.
Merci.

Dr h.c. Clément II BENOÎT

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