Une contre-enquête réclamée par la FJKL, après l’agression d’une huissière

La récente agression d’une huissière, Madame Marie Erlande D. PAUL, dans l’exercice de ses fonctions, a suscité des inquiétudes profondes quant à l’intégrité du système judiciaire haïtien. Cet incident tragique s’est produit le 29 mai 2025, lorsque des agents de sécurité de la société Terminal Varreux S.A., sous la direction de Mario LESPERANCE, ont attaqué Madame PAUL alors qu’elle accomplissait une mission inhérente à son statut d’officier ministériel assermenté.
La réaction initiale du substitut du commissaire du Gouvernement, Me Elysée FENELON, a été rapide et prometteuse : il a ordonné l’arrestation de l’agresseur, agissant ainsi dans le cadre de ses responsabilités légales. Cependant, cette lueur d’espoir a rapidement été ternie par l’intervention du commissaire du Gouvernement, Frantz MONCLAIR. Ce dernier a pris la décision contestable de libérer l’agresseur sans avoir consulté le substitut en charge ni écouté la victime. Ce comportement a soulevé des questions sur l’impartialité et l’intégrité du système judiciaire, alimentant des rumeurs persistantes de corruption au sein du Parquet de Port-au-Prince.
Il est essentiel de rappeler que, comme l’indique la Cour européenne des droits de l’homme, « la justice doit non seulement être faite, mais également sembler être faite ». Ce principe fondamental est indispensable pour maintenir la confiance du public dans les institutions judiciaires. Au regard de cette situation, la Fondation Je Klere (FJKL), par la voix de sa Directrice Exécutive, Madame Marie Yolène GILLES, appelle à une enquête approfondie sur les actions du commissaire MONCLAIR et des magistrats du Parquet de la Capitale.
La demande d’une enquête de moralité s’accompagne de plusieurs recommandations cruciales, parmi lesquelles l’examen de l’état de patrimoine des magistrats concernés, la mise en œuvre de mesures conservatoires à leur encontre, et une supervision renforcée par l’Inspection Judiciaire. De plus, l’établissement d’un partenariat avec l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) est indispensable pour combattre efficacement les actes de corruption avérés au sein du domaine judiciaire.
Il est impératif d’agir rapidement pour préserver l’intégrité de la justice en Haïti, en veillant à ce que des incidents comme celui-ci n’entachent pas la confiance que le public accorde à un système censé défendre l’impartialité et l’équité. La réponse des institutions judiciaires à cette crise déterminera leur crédibilité future et leur capacité à protéger les droits de tous les citoyens haïtiens.
FcnHaïti

