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Au cœur des revendications haïtiennes : Le CNHRR plaide pour la restitution de la rançon de1825 imposée par la France

Lors d’une intervention marquante devant l’Organisation des États américains (OEA), le Comité national haïtien des restitutions et réparations (CNHRR) a articulé, le mercredi 23 avril 2025, cinq (5) raisons essentielles en faveur d’une demande de restitution de la rançon de 1825, imposée à Haïti par la France. À l’occasion du bicentenaire de cette indemnité controversée, le président du CNHRR, Fritz Deshommes, a soulevé des interrogations sur les fondements moraux et historiques de cette rançon, qu’il qualifie de « triple rançon », acceptée sous la menace d’une force militaire écrasante.

Selon le CNHRR, la rançon, imposée le 17 avril 1825, a été acceptée sans condition, mettant ainsi fin au parcours tumultueux d’Haïti qui venait d’atteindre son indépendance après une lutte acharnée. Cette dette, comprenant une indemnité exorbitante, des intérêts bancaires usuraires et des préférences douanières, est présentée comme immorale et injuste. Deshommes rappelle que plusieurs présidents français, de Jacques Chirac à Emmanuel Macron, ont reconnu le caractère illégitime de cette rançon, renforçant ainsi la légitimité de la demande haïtienne de restitution.

Fritz Deshommes met en avant les conséquences désastreuses de cette rançon sur le développement d’Haïti, soulignant que le pays a été plongé dans un « cycle interminable et permanent d’étranglement financier » et de sous-développement, ce qui explique en grande partie sa situation actuelle précaire. En effet, cette rançon a gravement entravé les capacités économiques et sociales d’un pays déjà fragilisé par ses luttes pour la liberté.

Au cœur des revendications haïtiennes : Le CNHRR plaide pour la restitution de la rançon de1825 imposée par la France

La restitution de cette rançon est perçue non seulement comme une question de justice historique, mais également comme un levier potentiel pour le développement du pays. Deshommes évoque l’idée que ces fonds pourraient être utilisés pour élaborer un plan de développement national, autonome et transparent, permettant de sortir Haïti de l’aide traditionnelle, souvent perçue comme une « assistance mortelle».

Il souligne que la France a bénéficié de cette rançon pour stabiliser son système bancaire et renforcer son empire colonial, permettant ainsi à l’État français de se développer aux dépens des haïtiens. Face à cela, il devient impératif pour Haïti de faire entendre sa voix sur la scène internationale. L’aspect financier de cette restitution pose plusieurs questions qui méritent d’être débattues, notamment le montant à restituer et les modalités de gestion de ces fonds pour en faire un outil de renaissance pour le pays.

Le CNHRR invite la France à s’engager activement aux côtés du peuple haïtien, tout en appelant à la solidarité des nations américaines et des membres de l’OEA. Deshommes rappelle que Haïti a joué un rôle fondamental dans les luttes pour la liberté, l’abolition de l’esclavage et la décolonisation en Amérique. Ainsi, la responsabilité de soutenir Haïti depuis le passé jusqu’à aujourd’hui s’inscrit dans une perspective de justice réparatrice.

En réponse aux déclarations de la présidence française, le Conseil présidentiel de transition (CPT) a reconnu l’importance d’une commission mixte franco-haïtienne, saluant la volonté d’un dialogue constructif. Cependant, le CPT souligne qu’une approche pluridisciplinaire, centrée sur la problématique de la restitution, est nécessaire pour traiter cette question cruciale d’une manière profonde et efficace, avec des délais clairs pour la remise des rapports.

L’intervention du CNHRR devant l’OEA illustre une fois de plus la nécessité pour Haïti de revendiquer son histoire et de réparer les injustices subies depuis bientôt deux siècles. À l’heure où le monde est de plus en plus conscient des implications de la colonisation et de l’injustice historique, le plaidoyer de Deshommes pour la restitution de la rançon de 1825 demeure un appel vibrant à la reconnaissance du passé et à la construction d’un avenir juste et équitable pour Haïti. Les enjeux soulevés par cette demande transcendent les frontières nationales, touchant à la conscience collective des peuples et à l’engagement en faveur de la justice à l’échelle mondiale.

FcnHaïti

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