Les autorités de la transition haïtienne visent la récupération des enfants recrutés par les gangs armés

Lors d’un conseil des ministres tenu le mercredi 8 janvier 2025, les autorités de la transition haïtienne ont discuté sur des mesures essentielles pour la réhabilitation de la Maison de rééducation, connue sous le nom de « Centre d’accueil » de Carrefour. L’objectif est de récupérer les enfants recrutés par les gangs armés, une problématique alarmante qui touche de nombreuses familles dans le pays, lndique une note du bureau du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.
La réhabilitation de ce centre vise à réintégrer ces jeunes dans la société et à leur offrir « une trajectoire socio-professionnelle viable », selon les déclarations des autorités. Cependant, le gouvernement n’a pas précisé dans quelle commune sera mis en place le nouveau Centre d’accueil destiné à ces enfants vulnérables, ni comment va-t-il les récupérer.
Le gouvernement a mis en lumière les raisons qui poussent les enfants à rejoindre ces groupes criminels : « En raison de leur précarité, de nombreux enfants sont attirés ou forcés à rejoindre ces groupes, les privant de leur potentiel de bâtisseurs de demain. » Cette situation souligne également l’importance cruciale de la sécurité, considérée comme une priorité majeure par l’équipe de transition.
D’après les Nations unies, le nombre d’enfants haïtiens recrutés par les gangs a connu une augmentation alarmante de 70 % au cours de l’année 2023. De plus, l’organisation internationale Save the Children a signalé qu’environ 21 000 enfants à Port-au-Prince ont été contraints d’abandonner leurs foyers en l’espace de deux semaines en raison de l’escalade de la violence des gangs armés. Entre janvier 2023 et novembre 2024, les violences ont poussé environ 365 000 enfants à fuir leurs domiciles dans divers quartiers.
Au cours du même conseil des ministres, les ministres ont également évoqué la nécessité de renforcer les capacités des institutions chargées de la sécurité publique. Un décret relatif au Fonds de soutien à la sécurité nationale (FSSN) a été jugé indispensable pour fournir à la Police Nationale d’Haïti (PNH) et aux Forces Armées d’Haïti les moyens nécessaires pour lutter efficacement contre l’insécurité.
Les discussions ont également abordé d’autres thématiques cruciales, notamment la sécurité publique, la crise alimentaire et agricole, ainsi que les conséquences des récentes pluies diluviennes.
L’exécutif a annoncé pour l’année 2025 un ensemble de mesures destinées à rétablir la sécurité nationale, y compris l’organisation d’un référendum constitutionnel et la tenue d’élections générales. Ces initiatives s’inscrivent dans le cadre de l’accord politique du 3 avril 2024, qui vise à faciliter une transition pacifique et ordonnée parmi les acteurs politiques haïtiens.
Alors que les autorités de la transition s’engagent à agir pour récupérer les enfants recrutés par les gangs armés, elles doivent également faire face à des défis sécuritaires complexes afin de garantir un avenir meilleur pour les plus vulnérables de la société.
Jean Joceler JEAN
FcnHaiti

