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Brian Nichols, les États-Unis ne sont-ils pas les gardiens de l’instabilité en Haïti ?

Dans Les colonnes du journal américain Miami Herald, Brian A. Nichols, Secrétaire adjoint aux affaires hémisphériques du Département d’État américain, a défendu avec vigueur la politique étrangère des États-Unis en Amérique Latine, en particulier celle de l’administration Biden, à quelques semaines du potentiel retour au pouvoir de Donald Trump. Affirmant que les États-Unis ont utilisé leurs outils diplomatiques pour créer des alliances cruciales, Nichols a déclaré : « Au cours des quatre dernières années, les États-Unis ont… empêché l’effondrement d’Haïti. »

Nichols a mis en avant le soutien accordé au Kenya pour diriger une mission de sécurité en Haïti, destinée à lutter contre la violence des gangs et à répondre à la crise humanitaire croissante. Il a soutenu que ce partenariat, ainsi que la coopération avec d’autres nations, fournit des ressources vitales pour surmonter les défis auxquels le pays est confronté. Selon lui, ces efforts ont permis de maintenir Haïti à flot, malgré les turbulences qui l’ont frappé.

Cependant, ces déclarations suscitent des interrogations sur les véritables intentions derrière l’interaction américaine en Haïti et sur le rôle que Washington joue dans la complexité de la crise haïtienne. Les propos de Brian A. Nichols peuvent donner l’impression que les États-Unis se pavanent sur les déboires d’un pays en crise. Oui, les efforts diplomatiques sont louables, mais sont-ils véritablement efficaces ? La question de savoir si cette aide a été suffisante pour apporter un changement durable reste à débattre.

Brian Nichols, les États-Unis ne sont-ils pas les gardiens de l'instabilité en Haïti ?

De plus, la décision de recourir à une coopération Sud-Sud arrive après des années de dépendance vis-à-vis des solutions traditionnelles souvent imposées par le Nord. Cette initiative, bien que bienvenue, semble être une réponse tardive face à des problèmes profondément enracinés. Qu’est-ce qui a empêché les États-Unis de promouvoir une telle coopération plus tôt ? L’ambiguïté de l’engagement américain laisse transparaître une certaine forme de cynisme, susceptible de nourrir des critiques sur les motivations réelles des États-Unis en Haïti.

Malgré les réalités alarmantes sur le terrain, qui font état d’une insécurité grandissante et d’une crise humanitaire sans précédent, l’administration Biden se réjouit d’une « situation évitée ». Pourtant, l’affirmation selon laquelle Haïti ne s’est pas effondré malgré ses souffrances soulève des questionnements quant à la définition même de la stabilité.

Face à une instabilité politique endémique, à des dérives sécuritaires et à un manque flagrant de gouvernance, la rhétorique d’un « succès » américain peut sembler déconnectée des réalités vécues par le peuple haïtien. Les annonces sur les contributions externes et les partenariats peuvent créer l’illusion d’un avenir prometteur, mais tant que des changements structurels ne seront pas réalisés, ces efforts risquent de n’être qu’une fausse promesse.

Bien que les États-Unis aient joué un rôle dans la préservation de la situation actuelle en Haïti, la question demeure : cette aide est-elle réellement efficace pour répondre aux besoins pressants de la population haïtienne ? La notion de « préserver » Haïti doit être comprise dans un cadre plus large, en reconnaissant les dynamiques internes et les aspirations du peuple haïtien vers une véritable souveraineté et une gouvernance démocratique.

Jean Joceler JEAN
FcnHaiti

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