Plus d’un an après le feu vert donné à la Force Multinationale, l’insécurité demeure alarmante en Haïti, constate l’OCNH

La résolution 2699 (2023) du Conseil de sécurité des Nations unies a donné le feu vert à la mise en place d’une Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS) pour soutenir la Police Nationale d’Haïti (PNH) dans ses efforts de rétablissement de la sécurité et de l’ordre public. Cette initiative a reçu l’engagement de plusieurs États membres, qui ont promis de fournir une assistance variée, incluant un soutien financier, l’envoi de troupes ainsi que des ressources logistiques et techniques.
Malgré le déploiement officiel de cette force, un an s’est écoulé et la situation sécuritaire en Haïti reste préoccupante. Les violences perpétrées par des groupes armés continuent d’augmenter, et les statistiques rapportent qu’environ 80 % de la zone métropolitaine de Port-au-Prince est désormais sous leur contrôle. En l’absence de l’amélioration de la situation sur le terrain, aucun territoire significatif n’a été libéré des griffes de ces groupes, et les infrastructures publiques demeurent impraticables, selon l’OCNH.
Promesses non tenues et limitations
Les engagements pris par certains États membres de l’ONU ont été largement négligés. Les promesses de soutien financier tardent à se matérialiser, limitant ainsi l’efficacité des opérations sur le terrain. La présence militaire, quant à elle, est en deçà des prévisions initiales, compromettant sérieusement les objectifs que la MMAS se fixe.
Conséquences sur les droits humains
L’Organisation des Citoyens pour une Nouvelle Haïti (OCNH), dans cette note, a alerté sur les répercussions dramatiques de cette crise sur les droits humains. La population haïtienne, particulièrement dans les zones les plus vulnérables, est privée de ses droits fondamentaux, tels que le droit à la sécurité, à l’éducation, à la santé, à un logement décent et à un emploi. La situation des personnes déplacées internes, ainsi que celle des Haïtiens retournés de force de la Repúblique dominicaine et des États-Unis, est également déplorable. Ces groupes, déjà fragilisés, souffrent d’un accès limité ou inexistant aux services de base et à une protection adéquate.
Face à cette crise, l’OCNH appelle les États concernés des Nations unies à respecter leurs engagements envers Haïti pour rendre effective la MMAS. Il est crucial de contribuer au rétablissement de la sécurité et de la paix, comme le stipule la mission de l’ONU. Une telle contribution faciliterait l’organisation d’élections inclusives et transparentes, essentielles pour sortir le pays de la crise institutionnelle qu’il traverse depuis trop longtemps.
Une priorité urgente
En tant qu’organisation dédiée à la défense et à la promotion des droits humains, dirigée par Me. Camille Occius, l’OCNH exhorte le Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique (MJSP) et les forces de l’ordre à établir une synergie et à mettre en œuvre des mesures urgentes pour renforcer la sécurité publique. Le besoin primordial de la population est de pouvoir vaquer à ses occupations et retrouver la tranquillité de son domicile.
FcnHaiti
