Des Américains d’origine haïtienne portent plainte contre la Croix-Rouge pour abus d’aide humanitaire en Haïti après le séisme de 2010

Une action en justice a été déposée ce lundi matin devant un tribunal fédéral américain par une organisation haïtiano-américaine, visant la Croix-Rouge américaine, la Croix-Rouge internationale et leurs entités affiliées. Les plaignants accusent ces organismes de charité d’avoir «exploité la pauvreté et les calamités» d’Haïti, un pays en grande difficulté, afin de collecter des centaines de millions de dollars au nom de l’aide humanitaire, tout en gérant mal et détournant ces fonds à des fins lucratives.
Le recours collectif a été introduit devant le Tribunal de district du sud de la Floride au nom du Comité d’action politique de la diaspora haïtienne, ainsi que par des plaignants haïtiano-américains, dont Frantz St. Fort, le conjoint d’une ancienne directrice de la Croix-Rouge haïtienne en poste à Port-au-Prince. Cette plainte, adressée à la juge Cecilia Altonaga, met en cause les affiliations de la Croix-Rouge, y compris la Croix-Rouge haïtienne et leurs équipes dirigeantes, en affirmant qu’elles ont tiré profit du séisme dévastateur du 12 janvier 2010 et d’autres catastrophes naturelles survenues en 2016, 2018, 2021 et 2023, à des fins personnelles. Selon le procès, plus de 500 millions de dollars auraient été collectés pour les efforts de secours.
Les plaignants soutiennent que «des parties significatives de ces fonds ont été détournées pour des usages personnels, laissant les bénéficiaires en Haïti continuer à souffrir de la faim, de la pauvreté et du désespoir». Ils demandent plus de 750 millions de dollars en dommages-intérêts compensatoires, 250 millions de dollars en dommages-intérêts punitifs, ainsi qu’un audit complet des fonds collectés pour Haïti.
La plainte souligne que la Croix-Rouge est une organisation internationale à but non lucratif influente, avec des bureaux dans de nombreux pays. Haïti est présenté comme l’un des nombreux pays en difficulté que les accusés exploitent régulièrement à des fins personnelles. Un exemple mentionné dans le document concerne un projet de 13 millions de dollars destiné à améliorer l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, qui aurait échoué en raison d’une mauvaise gestion, laissant les communautés sans les bénéfices promis. Au lieu de cela, la Croix-Rouge aurait mis en place une campagne d’éducation sur le lavage des mains, critiquée pour son inefficacité en l’absence d’accès à l’eau et au savon.
Dans une déclaration au Miami Herald, la Croix-Rouge américaine a rejeté ces accusations et a défendu son travail en Haïti. L’organisation a affirmé qu’elle «est fière de notre réponse et de nos efforts de rétablissement après le tremblement de terre en Haïti, en affrontant les complexités et les réalités uniques du terrain». Elle a également précisé que son programme de relèvement à long terme a mobilisé plus de 50 partenaires.
Jean Joceler JEAN
FcnHaiti

