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Dossier Corruption BNC : Raoul Pascal Pierre-Louis n’apporte pas son témoignage faute de protection

Raoul Pascal Pierre-Louis, l’ancien président du Conseil d’administration de la BNC, n’a pas répondu le 14 novembre dernier à la convocation du juge d’instruction Benjamin Félismé. Cette absence a été précédée d’une correspondance officielle émanant de son avocat, Me Sonet Saint-Louis, sollicitant un report pour des raisons « juridiquement fondées ».

Me Sonet Saint-Louis a clarifié que son client se trouvait dans l’impossibilité de se présenter en raison d’un manque de garanties concernant sa sécurité, un refus qui émane des autorités compétentes. Selon l’avocat, cette situation représente une violation sérieuse des engagements internationaux d’Haïti en matière de lutte contre la corruption. En effet, le pays est signataire de plusieurs conventions, dont la Convention des Nations Unies contre la corruption, adoptée en mai 2007, et la Convention interaméricaine contre la corruption, approuvée en septembre 2000. De plus, l’article 18 de la loi du 12 mars 2014, qui stipule la nécessité d’un dispositif de protection pour les dénonciateurs, témoins et experts, renforce davantage cette problématique.

Dans sa lettre datée du 13 novembre 2024, Raoul Pascal Pierre-Louis a tenu à préciser que sa demande de report n’était en aucun cas une tentative de fuir la justice, mais plutôt un impératif pour garantir sa sécurité et celle de sa famille. « Restant disponible à toute autre éventuelle convocation une fois les conditions réunies », a-t-il affirmé, insistant sur la nécessité de mesures adéquates pour assurer sa protection.

Dossier Corruption BNC : Raoul Pascal Pierre-Louis n’apporte pas son témoignage faute de protection

L’avocat a également exhorté le juge Félismé à prendre des décisions fermes pour obliger les conseillers indexés dans cette affaire à se conformer à la procédure.

À rappeler, en date du 2 octobre 2024, l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) a transmis son rapport d’enquête à la justice, mettant en lumière des actes de corruption impliquant Raoul Pascal Pierre-Louis et trois conseillers présidents.

Dans un contexte déjà tendu, l’absence de protection pour les lanceurs d’alerte pose un défi majeur à la justice haïtienne, mettant en exergue la nécessité d’un cadre véritablement protecteur pour encourager les dénonciations et lutter efficacement contre la corruption.

Jean Joceler JEAN
FcnHaiti

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