Cap-Haïtien: Graduation d’une nouvelle promotion à l’UPH, la marraine invite les gradués à être des acteurs du changement d’Haïti

Le dimanche 27 octobre 2024, la Cathédrale du Cap-Haïtien, a abrité la cérémonie de remise de parchemins d’une nouvelle promotion d’étudiants-tes à l’Université Polyvalente d’Haïti (UPH). À l’occasion de cet événement majeur de la vie universitaire, le corps professoral, les familles, amis et proches de ces récipiendaires de la promotion Olivier de Serre en agronomie, administration et génie civil, se sont joints à la marraine de la promotion, Madame Djina Guillet Delatour, pour des moments de partage dans une ambiance festive, à l’honneur de ces braves étudiants.
Dans son discours de circonstance, Mme Djina Guillet Delatour, marraine de la promotion, a adressé ses chaleureuses félicitations aux heureux récipiendaires et dit toute sa joie d’avoir été choisie comme témoin de la dite promotion.
Découvrez le discours dans tout son intégralité
Monsieur le Coordonnateur General de l’UPH,
Monsieur le charge de liaison administratif
Messieurs les responsables des différentes facultés,
Membres du corps professoral,
Autorités civiles et de police
Membres de la société civile,
Membres du personnel administratif
Chers parents,
Chers filleuls,
Distingués invités,
Monsieur le parrain,
Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,
Cette année est la 20 -ème de l’UPH et la 16 -ème promotion baptisée Olivier de Serre. Je dois vous avouer que je me sens très honorée d’accompagne cette promotion qui symbolise la science, la recherche et l’importance de l’agriculture à travers ‘expérimentation des techniques agricoles au regard de votre personnage de choix.
Aujourd’hui, nous sommes pris entre l’enclume et le marteau en Haïti, en raison de la dégradation de l’environnement par la prolifération des déchets en plastiques, la déforestation, le phénomène de motorisation et j’en passe. Ces problèmes prouvent de plus en plus la nécessité d’avoir des professionnels non seulement qualifiés, mais soucieux et conscient de la situation dont nous sommes en train de vivre. Nous sommes arrivés à un stade où nous vivons tous en mode je m’en fou. En mode je me couche, je m’en dors et demain aura soin de lui.
Chers filleuls, mesdames et messieurs, il temps de se réveiller et de se dire que nous sommes la seule solution de ce pays et les humains ne vivent pas comme cela, nous allons agir en conséquence.
A chaque étape franchit dans la vie est une occasion de se questionner sur sa mission et de prendre des décisions appropriées au profit de tous.
Cet après-midi, je viens vous faire une invitation : Celle d’une prise de conscience de la situation réelle et d’agir vite et bien.
Aujourd’hui, nous avons une fois de plus des récipiendaires en Agronomie, Administration et génie civil.
Chers filleuls, vous avez tout ce qu’il vous faut pour donner une réponse à tout ce qui se passe dans le pays et qui ne font pas notre fierté en tant que peuple.
De ce fait, je vous invite à faire trois choses en sortant d’ici :
1- De chasser le Complexe d’infériorité et de vous mettre au travail afin de contribuer à la réponse correcte à nos problèmes. En tant que des hommes et des femmes de sciences, faisons preuve de capacite et de responsabilité.
La réponse correcte est de se mettre au travail, quelque soit sa nature pour une révolution économique dans ce pays.
Koze depi nou konn li, nou pa vle fe nenpot travay la, sa dwe fini nan peyi a. Si nou pa souke kò nou, nap kontinye peri ansanm.
Le second devoir concerne surtout les agronomes. Même s’ils auront besoin des infrastructures routières et une bonne administration.
Je m’excuse déjà pour cette remarque que je vais vous faire, mais je dois vous le dire, parce que je ne viens pas ici pour vous faire plaisir, mais pour vous vous exhorter afin de vous aider à vous diriger vers une voix plus ou moins adaptée à tous.
De nos jours, nos agronomes sont en attente d’un travail de bureau ou sont en train d’attendre des projets d’un organisme étranger pour pouvoir travailler après leur graduation. Alors que vous avez une profession autonome avec laquelle vous pouvez créer des emplois au sein des communautés. Cependant, vous attentez que des étrangers viennent créer des emplois pour vous. Je vous prie d’analyser les résultats obtenus avec ce comportement et de vous faire une conclusion.
Je vous supplie chers filleuls de faire travailler vos méninges afin de faire renaitre le sentiment de changement dans ce pays et de défier le statuquo.
Al travay latè, al bay payizan yo Teknik, mete biznis manje peyi sou pye, plante pou n ka jwenn manje, pou nou sispann ap pati ale chèche manje. 50 % moun nan grangou nan peyi a selon done yo. Sa sipoze fwete ogèy nou, pou nou garanti manje nan vant nou. Nou gen tè yo, nou gen moun, nou gen dlo yo. Nou manke konsyans ak desizyon. Nou manke konfyans nan tèt nou kòm moun. Jodi a mwen vin di nou nou kapab. Se desizyon nou poko pran.
« Mwen swete nou konprann mwen”
Troisièmement, je voulais vous inviter enfin à faire la paix avec vous-même, de vous regrouper pour opérer le changement que nous recherchons tous.
Nous devons prendre conscience que nous avons beaucoup de blessures émotionnelles qui nous empêchent d’avancer. Il nous faut un dépassement de soi d’abord avant de généraliser le résultat. Il est temps de le faire, parce que si nous descendons plus bas que là où nous sommes aujourd’hui le risque sera trop grand pour les générations à venir. De ce fait, il faut agir vite et bien.
J’espère que ces trois invitations vous seront utiles pour les prochaines étapes de votre vie. J’espère aussi qu’Haïti fait partie de vos plans, parce que l’un de notre plus grand problème c’est qu’Haïti n’est pas toujours dans le plan des fils et fille, il est encore considéré comme une terre de transit pour ses enfants.
Il est temps de faire la paix avec nous même et d’accepter que nous devions mettre la main dans la pate pour pourvoir s’en sortir.
A chaque fois que j’ai l’occasion de prendre la parole dans le Nord, je vous répète la même chose : Il faut continuer à lutter pour tenir cette paix et dans cette paix, il y a beaucoup d’opportunités. Je vous prie d’investir dans les produits agricoles locaux, parce que notre avenir dépend de notre retour a nos anciens chantiers comme l’agriculture, le travail et l’amour de la patrie.
Paran yo : Manman, Papa ak fanmi ki la « Silvouplè mete tè yo disponib pou timoun yo travay, paske se nan yo lavi, respè ak diyite nou kache. Devlopman peyi a se la li kache. Yo gen syans ak teknik, yo jis bezwen resous, ki se latè, kole tèt nou ansanm ak timoun yo, pa di se pat pou sa nou te peye lekol pou yo. Se konplekse, yo konplekse nou pou n ka toujou rete avek men nou fas anlè, nou bezwen pou men nou fas anba tou frèm ak sèm yo.
Pou men nou anlè, se manje pou nou pwodwi an kantite epi tout rès bagay yo ap vini. paske sekrè a se nan volim nan li ye. Mete tet nou ansanm, nou sansib twop pou te aloske le nou mouri nou pap ale ak anyen. Ann mete tè yo osevis kominote yo pou yon demen miyò.
Kreyol pale, kreyol konprann !
Chers filleuls, chers compère, mesdames mesdemoiselles et messieurs. Je tiens à saluer votre dévouement et votre bonne volonté pour être présents aujourd’hui, cependant, vous devez penser à faire plus et à être plus concret dans vos prochaines décisions. Si nous tenons compte de tous les problèmes de ce pays, je vais continuer à parler sans arrêt, mais le moment n’est pas propice et nous devons arrêter de parler, parce qu’il est temps d’agir.
Que vive l’entrepreneuriat agricole
Que vive la mise en commun des ressources
Que vive l’esprit d’équipe
Que vive l’infrastructure routière dans les provinces
Que vive la paix partout dans le pays pour le bien de tous
Que vive l’esprit de service, parce que nous sommes formes pour servir. Servir Pour Transformer et Transformer pour Sauver.
Que la fête continue, le parrain et moi en sommes Témoins.
Je vous remercie !

