Une rentrée scolaire très timide à Port-au-Prince comme dans des autres communes du pays

Les vacances sont terminées. Après deux mois de pause estivale, la rentrée scolaire a eu lieu le mardi 1er octobre 2024 dans le pays comme a été annoncée par les autorités éducatives. Mais, cette nouvelle rentrée académique s’effectue dans un contexte marqué par une hausse vertigineuse des prix et une grave crise humanitaire préoccupante et sécuritaire, avec un nombre élevé de déplacés internes. Un tour effectué dans certains quartiers de Port-au-Prince, Delmas et de Pétion-ville permet de voir que la rentrée scolaire 2024-2025 a été très timide et beaucoup d’établissements de la région métropolitaine de Port-au-Prince ont gardé leurs portes close pour cette première journée de classe.

Ce mardi 1er octobre 2024 marque la réouverture des classes. Cette année scolaire qui a débuté mardi et qui se terminera le 17 juillet 2025, selon le calendrier publié par le ministère de l’Education nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), il y a environ deux mois, a été visiblement timide mardi dans la région métropolitaine de Port-au-Prince et des villes de province. Car, peu d’écoliers ont été remarqués dans les rues pour reprendre le chemin des classes.
La situation socio-économique et le climat d’insécurité sont parmi les paramètres, empêchant à bon nombre de parents d’envoyer leurs à l’école. A Port-au-Prince, notamment au lycée Jean Jacques Dessalines et lycée Marie Jeanne, les salles de classe sont toujours occupées par des déplacés qui ont fui les attaques des groupes de gangs, il y a déjà plus d’une année. Et dans les zones en proie à la violence, les portes d’écoles sont toujours restées fermées. La même situation a été observée dans certaines écoles publiques et privées situant au bas de la commune de Delmas, dont le lycée Pierre Eustache Daniel Fignolé qui est à Delmas 6.
A Delmas 17, Delmas 19, Village Solidarité et à Cité militaire, plusieurs établissements ont fermé leurs portes et peu d’élèves ont été remarqués dans les rues pour le premier jour des classes. L’autre fait à signaler pour la rentrée scolaire 2024-2025, c’est l’aspect sécuritaire. Dans les zones visitées, la police était aux abonnés absents. Seulement dans des zones où s’observe une certaine accalmie, on a vu la présence policière, mais très réduite.
Nippes
Dans plusieurs commune du département des Nippes, particulièrement, à Anse-à-Veau et Miragoâne, plusieurs établissements classiques ont ouvert leurs portes pour accueillir les élèves pour le premier jour des classes, a rapporté notre correspondant, depuis les Nippes, Stavena Henry, indiquant qu’à Anse-à-Veau, plusieurs dizaines d’élèves ont participé à une messe organisée par une école congréganiste de la ville pour cette période.
Rentrée des classes, une casse-tête
La rentrée scolaire est toujours une casse-tête pour les parents. Cette année encore, la tendance n’a pas changé. Car les prix de tous les produits notamment les articles scolaires connaissent des augmentations. Que ce soit sac d’école, cahiers, livres et les tissus d’uniformes, aucun de ses articles n’a conservé son prix de l’année dernière, selon des déclarations recueillies auprès des parents d’élèves.
Cette situation qui persiste à travers toute la région du pays, met en difficulté les ménages déjà fragilisé par l’érosion du pouvoir d’achat. Des parents interviewés souvent sans ressources suffisantes pour répondre à leur besoin, ont affirmé que face à cette inflation galopante, ils sont dans l’incapacité d’envoyer leurs enfants à l’école cette année.
Promesse de subvention aux parents toujours dans l’impasse
En date du 6 août 2024, le gouvernement Garry Conille a annoncé qu’il allait prendre des mesures pour accompagner quelques parents pour la rentrée des classes avec une allocation de 20 mille gourdes par parent. Un mois plus tard, ces parents continuent d’attendre cette subvention promise par le gouvernement dans le cadre des mesures d’accompagnement annoncées visant à soulager les parents face à la crise socio-économique. Pourtant, malgré timide, la rentrée des classes a été effective dans le pays, le 1er octobre.
Cependant, il faut souligner que beaucoup de parents n’ont pas eu la possibilité de scolarisé leurs enfants cette année vu de la dégradation des conditions socio-économiques. Impatients, les parents qui connaissent une misère atroce, attirent l’attention du premier ministre, et demandent au gouvernement de tenir sa promesse envers eux.
Budget 2024-2025, le MENFP le grand gagnant
Le pays a un nouveau budget. Ce nouveau budget pour l’exercice fiscal 2024-2025 adopté en conseil des ministres est de l’ordre de 323, 44 milliard de gourdes, ce qui traduit une hausse par rapport à celui de l’exercice 2023-2024, qui était de 320, 64 milliards de gourdes. Cette année, la.priorite est accordée au secteur éducatif. Selon les chiffres, c’est le ministère de l’Education nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) qui détient la plus forte somme d’argent avec une augmentation de 24%, mais pour quel résultat ?
Toutefois, on voit que le gouvernement annonce la construction de 15 nouvelles écoles publiques. Ces nouvelles infrastructures scolaires seront-elles vraiment construites dans le pays par le gouvernement ?
Et celles qui existent déjà, qui sont dans un état critique, que fera le ministère pour redorer le blason de ces infrastructures scolaires ?
Peterson Jean Gilles/FCN Haïti

