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Un monde à la recherche d’équilibre

Le début du déclin des Etats-Unis en 1980 en plein guerre froide a été l’occasion pour certains pays de se démarquer de l’influence des deux superpuissances de l’époque à savoir les Etats-Unis (EU) et l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS). Une illustration parfaite de la pensée de Diane Ethier disant que : » le déclin d’une hégémonie engendre la diversification ou une fragmentation de la puissance et un renforcement de l’instabilité et des conflits. » Plus tard, dans les années quatre-vingt-dix, l’effondrement de l’URSS bien qu’apparemment a masqué l’image de la déclinaison des EU a transformé le monde bipolaire durant la guerre froide en un monde unipolaire avec les EU comme seul leader du monde. Cette illusion n’a pas fait long chemin car dix ans plus tard soit en 2000, la monté en force des Nouveaux Pays Industrialisés (NPI) et l’attaque du 11 septembre 2001 des tours jumelles aux EU ont été un début sur la remise en question du leadership américain dans le monde. Par la suite, les échecs cuisants des EU en Irak et en Afghanistan, on peut aussi citer la crise financière et économique de 2008 à 2010 ont permis à l’émergence d’autres pôles de puissance dans le monde notamment la Chine, la Russie, le Brésil, l’Inde, l’Arabie Saoudite. Le monde unipolaire s’est transformé en un monde multipolaire.

Selon Kenneth Waltz « un système multipolaire évolue nécessairement vers un système bipolaire à court ou moyen terme » cet énoncé donne lieu à se demander : « est-ce que la vie internationale est entrer dans un processus de retour à la bipolarisation ? » David Singer et Karl Deutsch affirme qu’un système multipolaire est plus instable qu’un système bipolaire, plus le monde est segmenté moins les informations sont fiables car la stabilité d’un système d’équilibre dépend de la quantité et de la fiabilité des informations dont disposent les acteurs les uns sur les autres, plus il y a d’acteurs plus il est difficile d’avoir des informations complètes sur chacun d’eux. D’où la nécessité de se poser la question sur le processus de la bipolarisation du monde tout en sachant pour qu’il y ait équilibre dans un système de la puissance il faut au moins deux pôles de dominants au sein du système.

Pour faire le contrepoids d’une hégémonie ou d’une puissance en Relations Internationales (RI), la constitution d’alliance est primordiale. Aujourd’hui, le BRICS est l’exemple parfaite. Dans une approche communautarienne, ce sont les valeurs d’unité et d’autonomie qui incitent les individus à s’impliquer dans les activités de construction ou de sauvegarde de leur communauté. L’unité dont on parle ici peut avoir un caractère objectif (territoire, histoire, condition économique, politique etc…) et un caractère subjectif (conviction religieuse et morale, langue, tradition). Lorsqu’on regarde de plus près les pays faisant partie du BRICS et les pays qui veulent y prendre part, ce sont des pays ayant une histoire difficile avec les pays de l’occident ou plus précisément avec les EU mais aussi qui veulent leur autonomie sur les contraintes de l’extraterritorialité du dollar américain. Cette nouvelle approche des pays fondateurs du BRICS rentre dans un dynamique d’équilibre entre les puissances dans le monde pour certains tenants de la théorie néoréaliste : « pour qu’il y ait stabilité dans le monde il faut que les puissances soient en équilibre », un monde bipolaire est le meilleur moyen de garder la stabilité dans le système international.

Un monde à la recherche d’équilibre

Il ne faut pas se laisser emporter par le courant disant que les puissances occidentales touchent à leur fin, car l’effondrement du bloc occidental créera encore plus de segmentations et de conflits dans le système international. Mais ce serait intéressant de voir la suite de l’histoire, la réaction des puissances occidentales en réponse à cet énorme pas des pays fondateurs du BRICS. C’est aussi plus d’opportunités pour les petits Etats comme Haïti pour se lancer vers la voie du développement en profitant à travers leur politique étrangère de faire des choix stratégiques et bénéfiques dans l’intérêt général des haïtiens.

Un monde à la recherche d’équilibre
Michelson Charlotin
Politologue spécialiste du Marketing et de la communication politique
Masterant en Droit International et en Administration publique

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